mardi 9 octobre 2018

Mon Seigneur de l'Anneau

Un pont entre deux rives

Ce Lui là qui occupe mes pensées nourrit aussi, jour après jour, ma réflexion autour du Phantasmo ergo sum. Je fantasme, donc je suis. Il m'aide à être à nouveau entièrement moi, en contribuant à me révéler à moi-même mieux qu'un thérapeute psychanalytique Freudien et à me réapproprier pleinement cette Autre léthargique que je suis sous mon masque social, ce ça pulsionnel tiraillant et muet car bridé, brimé, enfoui sous le poids du surmoi, morale, bien-pensance et sens du devoir et de l'honneur en tête.

À ce Lui là qui veut me contempler, gémissante, tenue, liquide et dominée, je m'en remets et me soumets, récitant à la demande ma profession de foi comme d'autres leur credo, « Je suis, attentive et obéissante, à l'écoute de vos désirs. », pour qu'Il me guide vers l'abandon du contrôle inconscient sur soi-même, vers ce mythique lâcher prise qui m'offrira d'être, simplement et sereinement, dans le moment présent, ouverte aux plaisirs égoïstes de l'esprit et du corps.

L'abandon du contrôle donc, que de mauvais esprits à l'humour grivois pourraient titrer : Retour vers le stade anal. Je ne les félicite pas ! Mais je savoure l'analogie, si j'ose dire, des aventures futures en plusieurs épisodes, Rome ne s'étant pas faite en un jour, de Pygmalion et de sa Galatée avec celles de Marty McFly et du Dr Emmett Brown (sans oublier la DeLorean dont nous verrons dans le paragraphe suivant qu'elle est remplacée par un autre genre de véhicule, au sens bouddhiste du terme) des films éponymes. Comment en arrivé-je à citer une telle référence cinématographique sur mon blog, voilà bien une question dont je préfère ignorer la réponse.

Contrôle et analité, voilà où j'en étais restée avant que de m'interrompre moi-même, et avec quelle trivialité. La voie fut timidement explorée en des temps reculés. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Une attraction-répulsion tenace. Cela me fait autant puissamment envie que terriblement peur. Mon goût pour les beaux objets attire irrésistiblement mon regard, nous l'avons déjà vu ici, vers les Rosebuds bijoux de Julian Snelling. Cet aveu n'est pas tombé sous l’œil d'un aveugle, qui me promet, dans l’intérêt même de ma porte étroite, d'être close bientôt...

À ce Lui unique car instruit qui me lit, je pourrais répondre : « Très cher, Vous me voulez libre et ouverte d'esprit, mais prétendez y parvenir par le biais d'un corps tenu et travaillé, localement clos pour les besoins de votre service ? Ne voyez-Vous point là une contradiction que je serais en droit de Vous opposer pour me soustraire à vos ambitions ? » Mais je ne me soustrairai pas, parce que son emprise, le pouvoir de ses mots m'étreignent et m’astreignent. Parce que ses ambitions révélées ne sont jamais que l'expression de mes désirs tus. Il me devine si bien entre les lignes que, par delà l'alchimie des chairs, on croirait déjà nos esprits mêlés.

Cette histoire de porte close et l'évocation ô combien poétique et sensible d'un pont entre passé et avenir, depuis ces temps reculés à peine évoqués plus haut mais dont on peut retrouver la trace, comme le sillage d'un parfum entêtant, dans les premiers billets de mon blog, jusqu'au moment imminent où, à l’exception de mon pubis, il ne sera pas question de faire rase cette table de chair autrefois offerte aux nécessités de mon éducation, seulement de la dresser à nouveau afin d'abreuver ensemble, demain, ma part femelle à ces sources de sel, de nacre et d’or, toutes vives en moi encore ; cette histoire de porte close et de fantômes du passé donc, m'inspire, outre une mou hésitante quant à l'affirmation prématurée concernant mon pubis rasé, un nouveau clin d’œil issu d'un autre monument cinématographique. 

Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi

Et de ce cours extrait du troisième volet de la trilogie de J. R. R. Tolkien et de Peter Jackson , j'en viens, enfin, au titre de mon billet : Mon Seigneur de l'Anneau, qui me veut serve à ses pieds, au moyen d'un rosebud qui viendra prochainement clore ma porte étroite. Lequel sinon celui-ci, qui rappelle les admirables et lourds heurtoirs de bronze aux plus belles de nos portes parisiennes (un spécimen chiné sur une brocante et fixé sur un écusson de trophée orne d'ailleurs un mur de mon antre) ? Farouche partisane de la cause animale et défenseur de nos amie les bêtes à poils et à plumes, j'avoue le rouge borderlien aux joues, pétrie de honte, que je cèderai sans trop me forcer aux rugissements du lion, roi des animaux et signe zodiacal tout feu tout flammes qui mérite parfois d'être dompté, aussi bien qu'aux hululements du hibou, mon animal totem ! Ou comment apprendre, par la répétition du geste, à se fermer pour mieux savoir s'ouvrir à l'Autre. Troublant paradoxe, s'il en est.
Heurtoir Tête de lion et serpents, Fontaine frères & Vaillant
42 rue d'Anjou, VIIIe

4 commentaires:

  1. peut être qu'après cette intense déclaration, il bout....

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    1. Et quand ça bout, c'est là qu'on met les pâtes ! Hep, garçon, une carbonara s'il vous plaît ;-)

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  2. Heu, attends. Je relis. (non je plaisante) Je reste toujours aussi épatée de tes écrits.

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    1. En fait, je ne suis qu'une plagiaire : tu es épatée par Ses écrits que je cite sans vergogne, honte à moi ! ;-)

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