dimanche 21 octobre 2018

Chez JJ&J,

relevez le défi du moi(s) sans tabac 2018, Monsieur Jones soutient votre démarche telle une canne inflexible !


Les inscriptions sont d'ores et déjà ouvertes. Monsieur Jones lui-même accueille chaque collaboratrice volontaire pour la signature d'un contrat de coaching individualisé sur son bureau à l'issue d'un entretien d'évaluation  physique et psychologique et d'un test de résistance au stress. Mademoiselle Zoé est d'ailleurs en train d'exposer sa motivation en ce moment même.

Il faut souffrir pour être belle


" La douleur passe, la beauté reste. "
Pierre-Auguste Renoir

Une brève histoire de cu

CUriosité ou séCUrité ?

Quelles vraies surprises nous réserve la vie ? Pas beaucoup, en vérité. Mis sur des rails dès notre plus tendre enfance, nous progressons en suivant le fil d'Ariane tendu par notre éducation, notre milieu, notre société. Façonnés par mimétisme ou conformisme, tantôt par l'obligation d'obéir, tantôt par le désir de plaire ou d'intégrer la communauté. Rarement nous traçons notre propre chemin, libres de toute entrave, empruntant plutôt celui de nos aïeux ou de nos pairs. L'école, le travail, le couple, la famille, les amis, les loisirs, les vacances... Tout semble avoir déjà écrit par d'autres. Amère constat. Non, la vie, ce n'est pas comme une boite de chocolat : on sait souvent sur quoi l'on va tomber. C'est bien dommage, car si les chocolats gâtent les dents et alourdissent les hanches, les surprises, elles, sont parfois bonnes ET sans danger pour la santé, même en cas d'abus. Je préfère donc penser que la vie, c'est comme un manège : on y tourne inéluctablement en rond sur un chemin tout tracé, mais d'une manière qui peut être ludique et grisante, malgré les hauts et les bas. Et, divine surprise, on y attrape de temps à autre la queue du Mickey !

© Gil Elvgren - Pin-Up Girl and Carousel

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À l'approche de ce premier rendez-vous, tant attendu, tant espéré, la question se pose  : curiosité ou sécurité ? Se parler au téléphone, échanger nos identités respectives et nos photographies au format portrait, décider d'un safeword... ou rien de tout ça ? Juste le feeling, une intime conviction que c'est Lui et nul autre. Que la si grande justesse de nos échanges épistolaires 2.0 et notre si belle complicité virtuelle sont forcément l'augure d'une parfaite compatibilité basée sur notre mutuelle compréhension et l'osmose de nos désirs, chacun complétant l'autre tel une pièce d'un même et unique puzzle ou résonnant en lui tel l'écho d'une pièce jetée au fond d'un puits aux souhaits. Ou est-ce seulement le signe de ma capacité à me bercer d'illusions ?

Quoi qu'il en soit, j'ai fait mon choix. Et je le laisse décider de mon sort, Lui qui a su ouvrir mon verrou intime. Je monterai donc bientôt sur mon manège à moi, celui qu'il a dessiné de ses mots à mon intention. En lieu et place de carrousel, le chemin gravillonneux d'un jardin public sur lequel j'irai déambuler dans le flou d'une ivresse myopique savamment entretenue par l'absence de mes verres correcteurs pour mieux être vue sans voir, première offrande de soumission. Le soleil scintillant bas dans un ciel de fin d'automne clément en guise de guirlande lumineuse. Le pas mal assuré sur mes talons hauts ripant sur les petits cailloux qui rouleront sous mes pieds, je tournerai sur cette piste, caracolant du haut de ces indomptables montures aussi fièrement que faire se peut, excitée comme à la parade, la queue de cheval en panache, le regard dans le vague, me sachant observée, détaillée, comme mise à nue par Lui qui prendra le temps de me faire douter, vaciller, pour mieux me rattraper et m'entrainer vers la suite, me décernant un ticket pour un second tour. Peut-être.

jeudi 11 octobre 2018

Aller à qu'on fesse


Oui, je dois le confesser, je ne suis pas une sainte. Il n'est point besoin de me pousser beaucoup pour que je retombe dans mes mauvais travers et que je fasse preuve d'espièglerie, dopée à l'euphorie des promesses de lendemains qui chantent et cédant au courage facile d'une duelliste à distance se sachant hors d'atteinte. Bref, je suis parfois malicieuse. D'aucun me dit même cabotine.

C'est indubitable, et c'est plus fort que moi. Il m'arrive, rarement, d'être possédée par le démon du bon mot et du mauvais tour. Il faut préciser aussi, à ma décharge, que je suis l'enfant d'une époque bénie et facétieuse où l'on s'exprimait assez librement et où l'on savait s'amuser. Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, adieu grand Charles, avant la fin de l'innocence et l'arrivée du SIDA, des pédophiles et tueurs en série aux quatre coins de l'hexagone, du réchauffement climatique planétaire et de la disparition annoncée et irréversible de la biodiversité... et avant surtout la mort de l'inénarrable Georges Marchais !

À ce Lui qui craint et m'accuse en filigrane d'avoir choisi de le mal lire, je ne résiste pas à la tentation de répondre, avec gourmandise, par les mots de ce monument politique avec lequel je communie sans réserve et dont la réplique culte fond dans ma bouche (mais pas dans ma main) telle une hostie

mardi 9 octobre 2018

Chez JJ&J,

la gestion des risques professionnels est une priorité.

Pour ce qui touche à la prévention des troubles musculo-squelettiques d'origine posturale chez nos secrétaires et dans le souci d'améliorer le bien-être au travail de nos salariées, le CHSCT, à l'initiative de Monsieur Jones lui-même, s'est unanimement prononcé pour l'acquisition de chaises de bureau adaptées.

« Mademoiselle Zoé, cessez-donc de vous plaindre de vos reins, et montrez plutôt l'exemple à vos collègues. Venez essayer ce modèle de démonstration et laissez-vous pénétrer par son efficacité. Cette chaise a été spécialement conçue pour vous stimuler à vous tenir le dos droit et rectifier votre cambrure excessive. Et réjouissez-vous, elles devraient être livrées en début de semaine prochaine...»

Chloé Lacourt

Vivement lundi !

Mon Seigneur de l'Anneau

Un pont entre deux rives

Ce Lui là qui occupe mes pensées nourrit aussi, jour après jour, ma réflexion autour du Phantasmo ergo sum. Je fantasme, donc je suis. Il m'aide à être à nouveau entièrement moi, en contribuant à me révéler à moi-même mieux qu'un thérapeute psychanalytique Freudien et à me réapproprier pleinement cette Autre léthargique que je suis sous mon masque social, ce ça pulsionnel tiraillant et muet car bridé, brimé, enfoui sous le poids du surmoi, morale, bien-pensance et sens du devoir et de l'honneur en tête.

À ce Lui là qui veut me contempler, gémissante, tenue, liquide et dominée, je m'en remets et me soumets, récitant à la demande ma profession de foi comme d'autres leur credo, « Je suis, attentive et obéissante, à l'écoute de vos désirs. », pour qu'Il me guide vers l'abandon du contrôle inconscient sur soi-même, vers ce mythique lâcher prise qui m'offrira d'être, simplement et sereinement, dans le moment présent, ouverte aux plaisirs égoïstes de l'esprit et du corps.

L'abandon du contrôle donc, que de mauvais esprits à l'humour grivois pourraient titrer : Retour vers le stade anal. Je ne les félicite pas ! Mais je savoure l'analogie, si j'ose dire, des aventures futures en plusieurs épisodes, Rome ne s'étant pas faite en un jour, de Pygmalion et de sa Galatée avec celles de Marty McFly et du Dr Emmett Brown (sans oublier la DeLorean dont nous verrons dans le paragraphe suivant qu'elle est remplacée par un autre genre de véhicule, au sens bouddhiste du terme) des films éponymes. Comment en arrivé-je à citer une telle référence cinématographique sur mon blog, voilà bien une question dont je préfère ignorer la réponse.

Contrôle et analité, voilà où j'en étais restée avant que de m'interrompre moi-même, et avec quelle trivialité. La voie fut timidement explorée en des temps reculés. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Une attraction-répulsion tenace. Cela me fait autant puissamment envie que terriblement peur. Mon goût pour les beaux objets attire irrésistiblement mon regard, nous l'avons déjà vu ici, vers les Rosebuds bijoux de Julian Snelling. Cet aveu n'est pas tombé sous l’œil d'un aveugle, qui me promet, dans l’intérêt même de ma porte étroite, d'être close bientôt...

À ce Lui unique car instruit qui me lit, je pourrais répondre : « Très cher, Vous me voulez libre et ouverte d'esprit, mais prétendez y parvenir par le biais d'un corps tenu et travaillé, localement clos pour les besoins de votre service ? Ne voyez-Vous point là une contradiction que je serais en droit de Vous opposer pour me soustraire à vos ambitions ? » Mais je ne me soustrairai pas, parce que son emprise, le pouvoir de ses mots m'étreignent et m’astreignent. Parce que ses ambitions révélées ne sont jamais que l'expression de mes désirs tus. Il me devine si bien entre les lignes que, par delà l'alchimie des chairs, on croirait déjà nos esprits mêlés.

Cette histoire de porte close et l'évocation ô combien poétique et sensible d'un pont entre passé et avenir, depuis ces temps reculés à peine évoqués plus haut mais dont on peut retrouver la trace, comme le sillage d'un parfum entêtant, dans les premiers billets de mon blog, jusqu'au moment imminent où, à l’exception de mon pubis, il ne sera pas question de faire rase cette table de chair autrefois offerte aux nécessités de mon éducation, seulement de la dresser à nouveau afin d'abreuver ensemble, demain, ma part femelle à ces sources de sel, de nacre et d’or, toutes vives en moi encore ; cette histoire de porte close et de fantômes du passé donc, m'inspire, outre une mou hésitante quant à l'affirmation prématurée concernant mon pubis rasé, un nouveau clin d’œil issu d'un autre monument cinématographique. 

Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi

Et de ce cours extrait du troisième volet de la trilogie de J. R. R. Tolkien et de Peter Jackson , j'en viens, enfin, au titre de mon billet : Mon Seigneur de l'Anneau, qui me veut serve à ses pieds, au moyen d'un rosebud qui viendra prochainement clore ma porte étroite. Lequel sinon celui-ci, qui rappelle les admirables et lourds heurtoirs de bronze aux plus belles de nos portes parisiennes (un spécimen chiné sur une brocante et fixé sur un écusson de trophée orne d'ailleurs un mur de mon antre) ? Farouche partisane de la cause animale et défenseur de nos amie les bêtes à poils et à plumes, j'avoue le rouge borderlien aux joues, pétrie de honte, que je cèderai sans trop me forcer aux rugissements du lion, roi des animaux et signe zodiacal tout feu tout flammes qui mérite parfois d'être dompté, aussi bien qu'aux hululements du hibou, mon animal totem ! Ou comment apprendre, par la répétition du geste, à se fermer pour mieux savoir s'ouvrir à l'Autre. Troublant paradoxe, s'il en est.
Heurtoir Tête de lion et serpents, Fontaine frères & Vaillant
42 rue d'Anjou, VIIIe

vendredi 5 octobre 2018

Couleurs d'automne

Petites causes, grandes conséquences. L'effet papillon qui, de la défaillance d'un joint torique conduisit à l'explosion de la navette spatiale Challenger et à la mort de sept astronautes, m'a saisie en plein vol, et d'un accident de la vie d'un tiers a brisé les ailes de mon désir tout juste renaissant. Ce fragile château de cartes de mes fantaisies secrètes, trop vite édifié, s'est effondré sur lui-même, recouvrant les fondations de poussière au goût de cendre froide. Si fragile mécanique intime du fantasme... Mais peut-être que tout reconstruire ne dépend que d'un effort de volonté ? 

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L'automne est bien là. Et si les températures anormalement clémentes, si le soleil persistant à darder ses rayons insolemment certains jours permettent d'en douter, il suffit, pour s'en persuader, de regarder les feuilles des arbres prendre leurs teintes sanguines et mordorées annonciatrices d'un déclin programmé. Les jours raccourcissent tandis que les premiers froids habillent les citadines de collants semi-opaques aux jambes et de foulards aux cous. Comme je les envie. Comme je les imagine marcher vers Vous d'un pas plus léger que le mien et plus enclin à satisfaire l'esthète que vous êtes...

Mais je n'abdique pas, pas encore. Vous lire est un tel souffle de vie, d'envie. Je suis suspendue à vos mots qui me font frissonner bien mieux que n'importe quel vent d'hiver. Aux heures les moins vacillantes de ma confiance en moi, je me prends à rêver à ce jour prochain où je m'apprêterai à venir vous retrouver dans ce lieu que vous avez choisi et que je ne connais pas. 

Levée aux petites lueurs du jour, égrenant les minutes qui me séparent encore de notre rencontre, je prendrai soin de me faire épiler, gommer, manucurer. De me vêtir, me parant de sous-vêtements neufs choisis tout spécialement pour vous et de bas veloutés sous une robe des plus classiques agrémentée d'un foulard (qui, à l'instar des feuilles, finira par tomber comme un drapeau qu'on abaisse en signe de reddition) et d'escarpins à petits talons. De me coiffer comme je n'en ai guère l'habitude, trop habituée au confort des cheveux noués et de me maquiller discrètement, à l'égal de ma féminité. Un peu de mascara et un trait de crayon vert aux yeux pour faire ressortir mon regard, peut-être un peu de blush aux joues que j'ai si pâles. Rien d'extravagant. Aucun bijou.

Quand le moment sera venu de me mettre en route, je chancellerai sur mes talons, moins en raison du manque d'oxygène à cette altitude inaccoutumée que sous le coup de l'émotion intense qui m'étreint à cette seconde où, franchissant ma porte, je me sais partie pour un long voyage sans possibilité de retour en arrière. Une seconde d'éternité, une seconde irréversible. Je suis déjà vôtre et j'accepte dès cet instant - mais cela remonte à bien plus loin, sans doute aux premiers messages échangés - de me livrer à vous au-delà du repas auquel vous me conviez, dans le privé de votre chambre d'hôtel.

Comme le marteau d’un piano, ne heurterez-vous mes chairs que pour entendre vibrer mon âme ? Me contemplerez-vous gémissante à vos pieds, tenue, liquide et dominée ?