mercredi 31 octobre 2018

Salon du chocolat

Il se tient depuis aujourd'hui et jusqu'au 4 novembre à Paris (il faut le dire vite). Si l'on y trouve le cacao sous toutes ses formes et dans tous ses états, en ganaches, pralinés, truffes, bonbons, pâtes à tartiner, poudres, tablettes, pâtisseries, robes, maisons etc, je ne suis pas sûre qu'un atelier ou une masterclass soit dédiée à la fessée chocolatée, pourtant gourmande et bien dans le thème.


Que tout le monde soit rassuré, il y aura tout de même un large choix de délicieuses gâteries chocolatées, avec des madeleines pour les uns...


et des sucettes pour les unes.


Bonne dégustation à tous !

Spank or Treat

Freaky Halloween !

Halloween Pumpkin - Spank or Treat Thong
by Chaste_Moon_Designs
La greffe n'a pas pris, Halloween se meurt en France. Comme disait le désopilant Jacques Chirac, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre, si vous me permettez cette familiarité. Cependant, tout en étant plutôt hostile à la logique commerciale qui a prévalu dans cette tentative heureusement avortée d'importation d'une tradition américaine, j'avoue éprouver une certaine inclinaison pour cette fête qui fait la part belle aux sorcières... et aux gourmandes !
Et si je n'ai officiellement plus l'âge de partir à la chasse aux friandises chez mes voisins à grands renforts de «Trick or treat», je caresse l'idée d'aller quêter une fessée, déguisée en vilaine exhibitionniste qui montre son string, infamie vestimentaire méritant à elle seule d'être récompensée comme il se doit. Et puis n'est-ce pas la seule façon logique de célébrer toute fessetivité ?


22.One to Grow On, Tricks & Treats Vol.1 (2007)
by Steve Fastner & Rich Larson

23.Too Much Candy, Tricks & Treats Vol.2 (2008)
by Steve Fastner & Rich Larson

mardi 30 octobre 2018

Fable

 La Souminatrice et le Loup

La mine aussi grise que le ciel, je rentre du travail mécontente de ma journée. Mécontente de moi seule, et c'est bien là que le bât blesse. Je n'ai pas eu les bons gestes, la bonne attitude, les bonnes réactions. J'ai manqué de discernement, de ressort, de courage, de professionnalisme. Dans mon tribunal interne, après avoir entendu la litanie des critiques et reproches amplement mérités du fait de ce comportement méprisable qui, d'une auto-évaluation négative, ne mène à rien d'autre qu'à m’apitoyer sur moi-même, j'ai prononcé, la tête basse, le jugement qui scelle mon incompétence à mon poste et mon incapacité à faire face et à redresser le tir. 

Je suis partagée entre colère, dégoût et désespoir, avec cette impression de subir sans y rien pouvoir, d'avoir définitivement perdu le contrôle et la rigueur qui me caractérisaient autrefois. Cela me broie dans une tension insoutenable et me noie dans la déprime. Sur le chemin qui me ramène chez moi, je suis envahie par ces pensées délétères qui, sans que je m'en aperçoive, dérivent insidieusement vers cette pénitence expiatoire à laquelle j'aspire à présent : une bonne fessée. Une qui fait mal.

Oui, c'est exactement ce que je mérite. Non, ce dont j'ai besoin, puissé-je au moins être honnête avec moi si je ne peux me prévaloir d'aucune autre qualité ! S'Il était là à m'attendre à mon retour, ou si je le savais à portée de téléphone, je me montrerais sans doute caprichieuse. Insupportablement morose, faussement taciturne, sottement provocatrice et intentionnellement querelleuse. Tout pourvu que j'obtienne, de la pire des manières, ce que je cherche sans oser l'avouer simplement ni le demander.

Le Loup a l'ouïe fine autant que le flair. Son oreille exercée percevrait aussitôt les modulations hypocrites de mes stridulations et croassements d'oiseau de malheur et devinerait l'objectif de cette manœuvre un peu trop grossière. Il me prendrait à mon propre jeu, refusant avec flegme de céder à cette machination de souminatrice, dénouant un à un les fils de ma toile pour mieux révéler au grand jour et neutraliser le piège qui le voulait manipuler, me laissant penaude et frustrée. 

Dans sa magnanimité et sa bienveillance, Il se montrerait favorable à accéder à ma requête, pourvu qu'elle soit confessée en toutes sincérité et vérité, dans les termes et la forme adéquats, me contraignant ainsi à quémander en prononçant ces mots qui m'écorchent les lèvres et égratignent ma fierté, se délectant de ma langue embarrassée : " S'Il Vous plaît, Monsieur, de me fustiger de telle sorte que douleur et plaisir finissent par apaiser l'orage que je traverse et dont je sortirai, grâce à Vous, mouillée et lavée de ce pessimisme qui me prive d'horizons plus heureux. " 

Il opterait probablement pour un instrument, distant, sévère. Canne ou martinet. Tawse ? Bien sûr, Il ne manquerait pas d'ajouter un petit supplément de peine en dédommagement de la tentative de duperie, suffisamment pour effacer le préjudice d'avoir été traité en objet et non en sujet. Et je subirais l'épreuve sans autre entrave ni lien que ceux qui m'engagent à recevoir ce que j'ai moi-même provoqué, buvant le calice jusqu'à la lie.


Au lieu de quoi, j'ai rongé mon frein en écrivant ce billet et en buvant ma tasse de soupe déshydratée jusqu'aux grumeaux du fond. Y'a vraiment ni justice ni morale dans cette triste histoire !

dimanche 28 octobre 2018

Le catalogue Ike@ 2019 est arrivé !

À chaque jour ses plaisirs*

Regarde chéri, j'ai repéré quelques nouveautés intéressantes pour notre salon dans les pages "Canapé et fauteuil"...



* baseline 2016

Hésitation

L'embarras du choix

Ce soir, Mesdames et Messieurs, nous allons essayer d'apprendre un mot. Nous ne le connaissons pas, ni vous, ni moi. Cependant nous allons essayer de l'apprendre ensemble, ce nouveau mot. Mesdames et Messieurs, le mot de ce soir est : hésitation.

Définition du Larousse
nom féminin
(latin haesitatio, -onis)
- Doute, incertitude qui empêche quelqu'un de se déterminer carrément : Résolue à acquérir  l'instrument de ses tourments futurs, elle était assaillie d'hésitations quant à la taille de l'objet devant le choix que le vendeur lui présentait en affichant un air entendu qui l'éclaboussait de honte et obscurcissait son jugement, la plongeant un peu plus dans un abîme de perplexité.

Am, stram, gram,
Pic et pic et colégram,
Bour et bour et ratatam,
Am, stram, gram.

- État d'incertitude, d'irrésolution ou de crainte qui retarde le moment d'une action, d'une décision : Après quelques minutes d'hésitation, envahie par l'écho de ses mises en garde quant à son expertise dans la reconnaissance des œillets impréparés alors qu'Il lui avait depuis longtemps conseillé de porter son bijou cinq à six heures par jour, elle finit par Lui présenter, s'agenouillant à ses pieds, le rosebud jamais étrenné qu'elle s'était finalement décidée à apporter, caché au fond de son sac à main, et qu'elle tenait à présent au creux de ses paumes.


- Temps d'arrêt, interruption dans le cours d'une action, qui manifeste un doute, une défaillance, une difficulté : Durant toute la durée de l'attente qui la séparait de cette rencontre tant attendue, elle ne marqua aucune hésitation, certaine que ce serait Lui seul et nul autre.

vendredi 26 octobre 2018

Jeux de mains, jeux de vilains...

Jeux de gants, jeux élégants

 
© Drago Bee, Svjetlo Vatre

Voici une très jolie vidéo que m'a fait découvrir un lecteur. Il s'agit d'un court film de Drago Bee qui se déroule Svjetlo Vatre, à la lueur des flammes, et met en scène de manière torride et sensuelle un de ses modèles de prédilection, la magnifique Ariel Anderssen, dans une ambiance des plus élégantes, entre ombres et lumières dansantes de l'âtre. Madame, parée de lingerie fine, est fessée sans ménagement par des mains vigoureuses et gantées de cuir qui produisent un son chaud et profond ponctué par les gémissements de l'impétrante, sur une bande son piano dépouillée et envoutante.

Vous pourrez découvrir un autre titre plus récent sur Viméo, une autre scène de fessée "multi instrumentale" qui se déroule avec le même modèle, et intitulée Oak Panelled Room monochrome, ainsi qu'un très succinct curriculum vitae sur le site Secrets Bdsm Art qui propose un lien vers le portfolio de ses plus belles photographies et dont je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un petit florilège pour vous mettre en appétit :
 
© Drago Bee,
Model Joceline/Ariel Anderssen
© Drago Bee
© Drago Bee,
Model Joceline/Ariel Anderssen
© Drago Bee,
Model Joceline/Ariel Anderssen
© Drago Bee,
Model Joceline/Ariel Anderssen
© Drago Bee,
Model Joceline/Ariel Anderssen
© Drago Bee,
Model UkCuteGirl Lucy Lauren

jeudi 25 octobre 2018

Système D...

comme Détournement d'objet


Avec la dématérialisation annoncée et imminente des transactions, il est certains objets qui tomberont bientôt en désuétude. Faisant preuve d'une belle créativité érotico-dominatrice et d'un sens pratique que l'on appréciera, certains écologistes soucieux de la gestion des déchets ont d'ores et déjà imaginé une façon de recycler les pinces à billets en pinces à trousser. Brillant !

J'aime beaucoup cette façon d'être dénudée sans l'être tout à fait...

dimanche 21 octobre 2018

Chez JJ&J,

relevez le défi du moi(s) sans tabac 2018, Monsieur Jones soutient votre démarche telle une canne inflexible !


Les inscriptions sont d'ores et déjà ouvertes. Monsieur Jones lui-même accueille chaque collaboratrice volontaire pour la signature d'un contrat de coaching individualisé sur son bureau à l'issue d'un entretien d'évaluation  physique et psychologique et d'un test de résistance au stress. Mademoiselle Zoé est d'ailleurs en train d'exposer sa motivation en ce moment même.

Il faut souffrir pour être belle


" La douleur passe, la beauté reste. "
Pierre-Auguste Renoir

Une brève histoire de cu

CUriosité ou séCUrité ?

Quelles vraies surprises nous réserve la vie ? Pas beaucoup, en vérité. Mis sur des rails dès notre plus tendre enfance, nous progressons en suivant le fil d'Ariane tendu par notre éducation, notre milieu, notre société. Façonnés par mimétisme ou conformisme, tantôt par l'obligation d'obéir, tantôt par le désir de plaire ou d'intégrer la communauté. Rarement nous traçons notre propre chemin, libres de toute entrave, empruntant plutôt celui de nos aïeux ou de nos pairs. L'école, le travail, le couple, la famille, les amis, les loisirs, les vacances... Tout semble avoir déjà écrit par d'autres. Amère constat. Non, la vie, ce n'est pas comme une boite de chocolat : on sait souvent sur quoi l'on va tomber. C'est bien dommage, car si les chocolats gâtent les dents et alourdissent les hanches, les surprises, elles, sont parfois bonnes ET sans danger pour la santé, même en cas d'abus. Je préfère donc penser que la vie, c'est comme un manège : on y tourne inéluctablement en rond sur un chemin tout tracé, mais d'une manière qui peut être ludique et grisante, malgré les hauts et les bas. Et, divine surprise, on y attrape de temps à autre la queue du Mickey !

© Gil Elvgren - Pin-Up Girl and Carousel

*****

À l'approche de ce premier rendez-vous, tant attendu, tant espéré, la question se pose  : curiosité ou sécurité ? Se parler au téléphone, échanger nos identités respectives et nos photographies au format portrait, décider d'un safeword... ou rien de tout ça ? Juste le feeling, une intime conviction que c'est Lui et nul autre. Que la si grande justesse de nos échanges épistolaires 2.0 et notre si belle complicité virtuelle sont forcément l'augure d'une parfaite compatibilité basée sur notre mutuelle compréhension et l'osmose de nos désirs, chacun complétant l'autre tel une pièce d'un même et unique puzzle ou résonnant en lui tel l'écho d'une pièce jetée au fond d'un puits aux souhaits. Ou est-ce seulement le signe de ma capacité à me bercer d'illusions ?

Quoi qu'il en soit, j'ai fait mon choix. Et je le laisse décider de mon sort, Lui qui a su ouvrir mon verrou intime. Je monterai donc bientôt sur mon manège à moi, celui qu'il a dessiné de ses mots à mon intention. En lieu et place de carrousel, le chemin gravillonneux d'un jardin public sur lequel j'irai déambuler dans le flou d'une ivresse myopique savamment entretenue par l'absence de mes verres correcteurs pour mieux être vue sans voir, première offrande de soumission. Le soleil scintillant bas dans un ciel de fin d'automne clément en guise de guirlande lumineuse. Le pas mal assuré sur mes talons hauts ripant sur les petits cailloux qui rouleront sous mes pieds, je tournerai sur cette piste, caracolant du haut de ces indomptables montures aussi fièrement que faire se peut, excitée comme à la parade, la queue de cheval en panache, le regard dans le vague, me sachant observée, détaillée, comme mise à nue par Lui qui prendra le temps de me faire douter, vaciller, pour mieux me rattraper et m'entrainer vers la suite, me décernant un ticket pour un second tour. Peut-être.

jeudi 11 octobre 2018

Aller à qu'on fesse


Oui, je dois le confesser, je ne suis pas une sainte. Il n'est point besoin de me pousser beaucoup pour que je retombe dans mes mauvais travers et que je fasse preuve d'espièglerie, dopée à l'euphorie des promesses de lendemains qui chantent et cédant au courage facile d'une duelliste à distance se sachant hors d'atteinte. Bref, je suis parfois malicieuse. D'aucun me dit même cabotine.

C'est indubitable, et c'est plus fort que moi. Il m'arrive, rarement, d'être possédée par le démon du bon mot et du mauvais tour. Il faut préciser aussi, à ma décharge, que je suis l'enfant d'une époque bénie et facétieuse où l'on s'exprimait assez librement et où l'on savait s'amuser. Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, adieu grand Charles, avant la fin de l'innocence et l'arrivée du SIDA, des pédophiles et tueurs en série aux quatre coins de l'hexagone, du réchauffement climatique planétaire et de la disparition annoncée et irréversible de la biodiversité... et avant surtout la mort de l'inénarrable Georges Marchais !

À ce Lui qui craint et m'accuse en filigrane d'avoir choisi de le mal lire, je ne résiste pas à la tentation de répondre, avec gourmandise, par les mots de ce monument politique avec lequel je communie sans réserve et dont la réplique culte fond dans ma bouche (mais pas dans ma main) telle une hostie

mardi 9 octobre 2018

Chez JJ&J,

la gestion des risques professionnels est une priorité.

Pour ce qui touche à la prévention des troubles musculo-squelettiques d'origine posturale chez nos secrétaires et dans le souci d'améliorer le bien-être au travail de nos salariées, le CHSCT, à l'initiative de Monsieur Jones lui-même, s'est unanimement prononcé pour l'acquisition de chaises de bureau adaptées.

« Mademoiselle Zoé, cessez-donc de vous plaindre de vos reins, et montrez plutôt l'exemple à vos collègues. Venez essayer ce modèle de démonstration et laissez-vous pénétrer par son efficacité. Cette chaise a été spécialement conçue pour vous stimuler à vous tenir le dos droit et rectifier votre cambrure excessive. Et réjouissez-vous, elles devraient être livrées en début de semaine prochaine...»

Chloé Lacourt

Vivement lundi !

Mon Seigneur de l'Anneau

Un pont entre deux rives

Ce Lui là qui occupe mes pensées nourrit aussi, jour après jour, ma réflexion autour du Phantasmo ergo sum. Je fantasme, donc je suis. Il m'aide à être à nouveau entièrement moi, en contribuant à me révéler à moi-même mieux qu'un thérapeute psychanalytique Freudien et à me réapproprier pleinement cette Autre léthargique que je suis sous mon masque social, ce ça pulsionnel tiraillant et muet car bridé, brimé, enfoui sous le poids du surmoi, morale, bien-pensance et sens du devoir et de l'honneur en tête.

À ce Lui là qui veut me contempler, gémissante, tenue, liquide et dominée, je m'en remets et me soumets, récitant à la demande ma profession de foi comme d'autres leur credo, « Je suis, attentive et obéissante, à l'écoute de vos désirs. », pour qu'Il me guide vers l'abandon du contrôle inconscient sur soi-même, vers ce mythique lâcher prise qui m'offrira d'être, simplement et sereinement, dans le moment présent, ouverte aux plaisirs égoïstes de l'esprit et du corps.

L'abandon du contrôle donc, que de mauvais esprits à l'humour grivois pourraient titrer : Retour vers le stade anal. Je ne les félicite pas ! Mais je savoure l'analogie, si j'ose dire, des aventures futures en plusieurs épisodes, Rome ne s'étant pas faite en un jour, de Pygmalion et de sa Galatée avec celles de Marty McFly et du Dr Emmett Brown (sans oublier la DeLorean dont nous verrons dans le paragraphe suivant qu'elle est remplacée par un autre genre de véhicule, au sens bouddhiste du terme) des films éponymes. Comment en arrivé-je à citer une telle référence cinématographique sur mon blog, voilà bien une question dont je préfère ignorer la réponse.

Contrôle et analité, voilà où j'en étais restée avant que de m'interrompre moi-même, et avec quelle trivialité. La voie fut timidement explorée en des temps reculés. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Une attraction-répulsion tenace. Cela me fait autant puissamment envie que terriblement peur. Mon goût pour les beaux objets attire irrésistiblement mon regard, nous l'avons déjà vu ici, vers les Rosebuds bijoux de Julian Snelling. Cet aveu n'est pas tombé sous l’œil d'un aveugle, qui me promet, dans l’intérêt même de ma porte étroite, d'être close bientôt...

À ce Lui unique car instruit qui me lit, je pourrais répondre : « Très cher, Vous me voulez libre et ouverte d'esprit, mais prétendez y parvenir par le biais d'un corps tenu et travaillé, localement clos pour les besoins de votre service ? Ne voyez-Vous point là une contradiction que je serais en droit de Vous opposer pour me soustraire à vos ambitions ? » Mais je ne me soustrairai pas, parce que son emprise, le pouvoir de ses mots m'étreignent et m’astreignent. Parce que ses ambitions révélées ne sont jamais que l'expression de mes désirs tus. Il me devine si bien entre les lignes que, par delà l'alchimie des chairs, on croirait déjà nos esprits mêlés.

Cette histoire de porte close et l'évocation ô combien poétique et sensible d'un pont entre passé et avenir, depuis ces temps reculés à peine évoqués plus haut mais dont on peut retrouver la trace, comme le sillage d'un parfum entêtant, dans les premiers billets de mon blog, jusqu'au moment imminent où, à l’exception de mon pubis, il ne sera pas question de faire rase cette table de chair autrefois offerte aux nécessités de mon éducation, seulement de la dresser à nouveau afin d'abreuver ensemble, demain, ma part femelle à ces sources de sel, de nacre et d’or, toutes vives en moi encore ; cette histoire de porte close et de fantômes du passé donc, m'inspire, outre une mou hésitante quant à l'affirmation prématurée concernant mon pubis rasé, un nouveau clin d’œil issu d'un autre monument cinématographique. 

Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi

Et de ce cours extrait du troisième volet de la trilogie de J. R. R. Tolkien et de Peter Jackson , j'en viens, enfin, au titre de mon billet : Mon Seigneur de l'Anneau, qui me veut serve à ses pieds, au moyen d'un rosebud qui viendra prochainement clore ma porte étroite. Lequel sinon celui-ci, qui rappelle les admirables et lourds heurtoirs de bronze aux plus belles de nos portes parisiennes (un spécimen chiné sur une brocante et fixé sur un écusson de trophée orne d'ailleurs un mur de mon antre) ? Farouche partisane de la cause animale et défenseur de nos amie les bêtes à poils et à plumes, j'avoue le rouge borderlien aux joues, pétrie de honte, que je cèderai sans trop me forcer aux rugissements du lion, roi des animaux et signe zodiacal tout feu tout flammes qui mérite parfois d'être dompté, aussi bien qu'aux hululements du hibou, mon animal totem ! Ou comment apprendre, par la répétition du geste, à se fermer pour mieux savoir s'ouvrir à l'Autre. Troublant paradoxe, s'il en est.
Heurtoir Tête de lion et serpents, Fontaine frères & Vaillant
42 rue d'Anjou, VIIIe

vendredi 5 octobre 2018

Couleurs d'automne

Petites causes, grandes conséquences. L'effet papillon qui, de la défaillance d'un joint torique conduisit à l'explosion de la navette spatiale Challenger et à la mort de sept astronautes, m'a saisie en plein vol, et d'un accident de la vie d'un tiers a brisé les ailes de mon désir tout juste renaissant. Ce fragile château de cartes de mes fantaisies secrètes, trop vite édifié, s'est effondré sur lui-même, recouvrant les fondations de poussière au goût de cendre froide. Si fragile mécanique intime du fantasme... Mais peut-être que tout reconstruire ne dépend que d'un effort de volonté ? 

***** 


L'automne est bien là. Et si les températures anormalement clémentes, si le soleil persistant à darder ses rayons insolemment certains jours permettent d'en douter, il suffit, pour s'en persuader, de regarder les feuilles des arbres prendre leurs teintes sanguines et mordorées annonciatrices d'un déclin programmé. Les jours raccourcissent tandis que les premiers froids habillent les citadines de collants semi-opaques aux jambes et de foulards aux cous. Comme je les envie. Comme je les imagine marcher vers Vous d'un pas plus léger que le mien et plus enclin à satisfaire l'esthète que vous êtes...

Mais je n'abdique pas, pas encore. Vous lire est un tel souffle de vie, d'envie. Je suis suspendue à vos mots qui me font frissonner bien mieux que n'importe quel vent d'hiver. Aux heures les moins vacillantes de ma confiance en moi, je me prends à rêver à ce jour prochain où je m'apprêterai à venir vous retrouver dans ce lieu que vous avez choisi et que je ne connais pas. 

Levée aux petites lueurs du jour, égrenant les minutes qui me séparent encore de notre rencontre, je prendrai soin de me faire épiler, gommer, manucurer. De me vêtir, me parant de sous-vêtements neufs choisis tout spécialement pour vous et de bas veloutés sous une robe des plus classiques agrémentée d'un foulard (qui, à l'instar des feuilles, finira par tomber comme un drapeau qu'on abaisse en signe de reddition) et d'escarpins à petits talons. De me coiffer comme je n'en ai guère l'habitude, trop habituée au confort des cheveux noués et de me maquiller discrètement, à l'égal de ma féminité. Un peu de mascara et un trait de crayon vert aux yeux pour faire ressortir mon regard, peut-être un peu de blush aux joues que j'ai si pâles. Rien d'extravagant. Aucun bijou.

Quand le moment sera venu de me mettre en route, je chancellerai sur mes talons, moins en raison du manque d'oxygène à cette altitude inaccoutumée que sous le coup de l'émotion intense qui m'étreint à cette seconde où, franchissant ma porte, je me sais partie pour un long voyage sans possibilité de retour en arrière. Une seconde d'éternité, une seconde irréversible. Je suis déjà vôtre et j'accepte dès cet instant - mais cela remonte à bien plus loin, sans doute aux premiers messages échangés - de me livrer à vous au-delà du repas auquel vous me conviez, dans le privé de votre chambre d'hôtel.

Comme le marteau d’un piano, ne heurterez-vous mes chairs que pour entendre vibrer mon âme ? Me contemplerez-vous gémissante à vos pieds, tenue, liquide et dominée ?