mercredi 25 juillet 2018

Pénitence

Ce soir, Mesdames et Messieurs, nous allons essayer d'apprendre un mot. Nous ne le connaissons pas, ni vous, ni moi. Cependant nous allons essayer de l'apprendre ensemble, ce nouveau mot. Mesdames et Messieurs, le mot de ce soir est : pénitence.

Nous éviterons volontairement l'acception catholique du terme pour nous en tenir aux sens plus génériques (et moins cultuellement sensibles), afin de ne heurter personne.

Définition de l'Ortholang : subst. fém.
1. Peine imposée en réparation d'une faute. Synon. châtiment, punition, sanction. Faire subir, imposer une pénitence à qqn.
a) Loc. adv. et fam. En pénitence (de qqc.), pour (ma, ta, etc.) pénitence. En punition, pour peine.
b) Loc. verb.
Mettre qqn en pénitence (fam.). Infliger une peine à quelqu'un. Synon. punir, sanctionner. Être en pénitence. Être châtié, puni.
En partic. [À propos d'une vilaine] Mettre, envoyer en pénitence; être en pénitence. Mettre, être dans un endroit isolé avec défense d'en bouger et de parler, par punition. Synon. être, mettre au coin, au piquet.
Faire pénitence de qqc. [L'obj. désigne qqc. qui est considéré comme blâmable] Être puni de. Synon. expier.
2. P. ext. Chose désagréable et mortifiante. 
3. Austérité, privation.

Mettons-nous en situation :
Un certain Monsieur Méchant (dont les images ci-après prises à l'insu de son plein gré prouvent qu'il aime à se travestir en marquis de Sade dans son privé - jusque là rien de bien étonnant pour un méchant dépravé - et qu'il porte des talonnettes, mais nous ne ferons aucun commentaire désobligeant sur les petits problèmes de taille de ces messieurs), en charge d'un blog du même nom (quelle imagination débordante), néglige ses devoirs les plus élémentaires en omettant de vérifier les commentaires en attente de validation, censurant ainsi les participantes et abusant outrageusement de son pouvoir sur ces derrières dernières.

Une de ces demoiselles, la plus douce, la plus sage et pour tout dire la plus adorable de ses lectrices, dont je tairai le nom autant par discrétion que par pudeur et humilité, lui signale discrètement ce manquement, afin de ne pas rendre public son déshonneur.

Monsieur Méchant, dans son incommensurable et proverbiale mauvaise foi, décide de mettre cette dernière en pénitence sur un prie-dieu, avec interdiction d'en bouger et de prononcer le moindre mot, plainte ou gémissement d'aucune sorte, et où il s'emploiera à corriger la pauvresse jusqu'à l'expiation de ses soi-disant péchés de suffisance et et de présomption : Monsieur Méchant n'avait en aucun cas négligé de vérifier les commentaires en attente de modération, Monsieur Méchant attendait simplement le moment le plus opportun pour les publier. Non mais * !
 

* fin alternative : Monsieur Méchant aurait tout aussi bien pu mettre la gentille en pénitence pour la punir de sa lenteur à signaler le bug. Au pays de la mauvaise foi, c'est du pareil au même.

lundi 23 juillet 2018

Conjugaison

© Petr Sojka, Time

Le temps passe. Je vis à l'imparfait, dans les souvenirs, dans un passé composé de coups et de bosses qui s'étire à l'infini, se ressasse en boucle en un inextricable circuit fermé à l'Autre. Le présent file dans un quotidien hébétant, nébuleux, oublieux de soi, des rêves et des désirs d'hier, qui pourtant subsistent, profondément enfouis, comme une inextinguible pulsion de vie. Et demain n'existe pas, consumé par la dépression qui m'uppercute de plein fouet et me met à terre.

Mais l'horloge dit : Il est temps ! Avant qu'il ne soit trop tard, avant les regrets... Un futur simple et heureux t'attend peut-être si tu le déclines à la première personne du pluriel. Nous, Lui et moi...

 *****

L’horloge

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : » Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! – Rapide, avec sa voix
D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! »

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

samedi 21 juillet 2018

L'élégance à la française



Lingerie Le Boudoir de Marie ® de Marie Cazenave

Des culottes volantées en soie crème et toile de Jouy coquine rouge, délicatement agrémentées de petits nœuds ? J'en ai rêvé, le Boudoir de Marie l'a fait. 55 euros la culotte, ce n'est pas donné, mais je ne peux décemment m'en passer ! Question de style : le souci du détail est un signe d'élégance, et ce n'est pas donné à toute les bloggeuses de la spankosphère de pouvoir assortir sa culotte avec son papier peint.

[Avertissement aux lecteurs : mode mauvaise foi on]
De toute façon, on ne saurait m'en tenir rigueur : c'est ma contribution à la relance de l'économie française et un acte militant de soutien aux entreprises artisanales puisque ces charmants dessous sont fabriqués en France et faits mains. Défaits aussi d'ailleurs.
[Mode mauvaise foi off]

vendredi 20 juillet 2018

Fifteen minutes of shame


Qu'elle est bien pensée, et tout aussi bien appliquée, cette redoutable idée d'une exquise perversité d'un Très Méchant 1er kyu (comme son paddle marron le prouve) : faire de cette Vilaine Fille l'actrice et la spectatrice de sa propre fessée, face au miroir qui lui renvoie le cruel reflet sans concession de ses quinze minutes de honte... Je les préfère de loin aux 15 minutes de célébrité promises par Andy Warhol !

Double punition fort troublante je trouve, avec, cerise sur le gâteau de mes fantasmes, un petit côté confesseur administrant le sacrement de pénitence à cette jolie repentante à genoux, inclinée et mains jointes, en signe d'humilité, de révérence et de soumission envers son Autorité Supérieure, son AS de trèfle qui pique son cœur (et pas que) pour qu'elle se tienne à carreau.

*****

Il faudra bien que je me décide à accrocher le miroir qui traine derrière mon prie dieu, un de ces jours...

jeudi 19 juillet 2018

Faire ceinture

Ce soir, Mesdames et Messieurs, nous allons essayer d'apprendre une expression. Nous ne la connaissons pas, ni vous, ni moi. Cependant nous allons essayer de l'apprendre ensemble, cette nouvelle expression. Mesdames et Messieurs, l'expression de ce soir est : faire ceinture.

Définition du Wiktionnaire : (Familier) Se priver de quelque chose, de gré ou de force

Mettons-nous en situation :
En ce début de 4ème semaine des soldes d'été, Mademoiselle a (encore) fait quelques emplettes, et Monsieur, lui, a fait les comptes. Ce soir, pour inculquer à Mademoiselle des notions d'économie familiale et la persuader de mieux tenir son budget, Monsieur va donc lui apprendre à faire ceinture. De gré ou de force.



Je ne vois pas d'autre explication.

mardi 10 juillet 2018

Des culottes et déculottée

© Isabelle Follador

Les soldes ne sont plus la Grand Messe de la consommation du temps jadis (celui de quand j'avais vingt ans, mais pas d'argent). Aujourd'hui, en deux semaines, c'est plié, n'y revenez plus. Mon dressing ne s'en porte pas plus mal, à l'inverse de mon tiroir à culottes qui, gueule béante sur un vide abyssal, hurle son désespoir. Car, si contrairement à beaucoup de mes congénères (à ce qu'il paraît), je n'ai pas de culotte fétiche, je suis néanmoins une fétichiste de ce petit bout d'étoffe. C'est qu'il faut bien en porter une pour pouvoir jouir de la honte de se la faire baisser !

Autrefois, j'en avais plein : des petites culottes en soie brodées aux jours de la semaine, des petites culottes Petit Bateau en coton blanc, des petites culottes en tulle ou en satin nouées sur les côtés, des petites culottes avec froufrous et volants, des petites culottes en dentelle avec porte-jarretelles assortis... Mon tiroir regorgeait de trésors, sous lesquels dormaient un French Martinet Jack's Floggers et un tawse tout aussi anglais ! Quel plaisir d'y plonger les mains, de caresser les tissus chatoyants et le cuir autant que le souvenir des cuisants moments qui leur étaient rattachés...

C'est un fait, mon tiroir à culotte est le baromètre de ma libido. Et je suis bien décidée à le remplir à nouveau !  Et comme je ne suis pas la moitié d'une vilaine, il se peut que Grand Méchant Loup tombe nez à nez avec un autre spécimen de son espèce :
 


Lingerie Glam Your Clam ® de Isa Lappalainen
On naît vilaine... ou on ne l'est pas !:-D

dimanche 8 juillet 2018

Attache-moi !


Akira Naka & Gorgone Performance at Sala Clamores, Madrid 2014
from Zor Neurobashing Films on Vimeo

Vu sur le blog Le Rouge et le Noir d'Ana.

Un vrai coup de foudre, longtemps après cette première découverte bouleversante au hasard d'une nuit d'insomnie, sur Arte, de Haruki Yukimura & Nana-Chan - Rituel érotique au Japon, par Xavier Brillat, que je ne parviens plus à trouver en ligne, hélas. Tellement marquant que je me souviens encore précisément du moment, du contexte.

C'est tripal. Et tellement, tellement, tellement plus que les mots sont incapables de dire cette transe extatique ; il faut le voir, il faut le vivre, l'éprouver, le ressentir au plus profond de soi, s'abandonner dans une sorte d'état hypnotique qui porte bien au delà de l'érotisme.