dimanche 21 octobre 2018

Chez JJ&J,

relevez le défi du moi(s) sans tabac 2018, Monsieur Jones soutient votre démarche telle une canne inflexible !


Les inscriptions sont d'ores et déjà ouvertes. Monsieur Jones lui-même accueille chaque collaboratrice volontaire pour la signature d'un contrat de coaching individualisé sur son bureau à l'issue d'un entretien d'évaluation  physique et psychologique et d'un test de résistance au stress. Mademoiselle Zoé est d'ailleurs en train d'exposer sa motivation en ce moment même.

Il faut souffrir pour être belle


" La douleur passe, la beauté reste. "
Pierre-Auguste Renoir

Une brève histoire de cu

CUriosité ou séCUrité ?

Quelles vraies surprises nous réserve la vie ? Pas beaucoup, en vérité. Mis sur des rails dès notre plus tendre enfance, nous progressons en suivant le fil d'Ariane tendu par notre éducation, notre milieu, notre société. Façonnés par mimétisme ou conformisme, tantôt par l'obligation d'obéir, tantôt par le désir de plaire ou d'intégrer la communauté. Rarement nous traçons notre propre chemin, libres de toute entrave, empruntant plutôt celui de nos aïeux ou de nos pairs. L'école, le travail, le couple, la famille, les amis, les loisirs, les vacances... Tout semble avoir déjà écrit par d'autres. Amère constat. Non, la vie, ce n'est pas comme une boite de chocolat : on sait souvent sur quoi l'on va tomber. C'est bien dommage, car si les chocolats gâtent les dents et alourdissent les hanches, les surprises, elles, sont parfois bonnes ET sans danger pour la santé, même en cas d'abus. Je préfère donc penser que la vie, c'est comme un manège : on y tourne inéluctablement en rond sur un chemin tout tracé, mais d'une manière qui peut être ludique et grisante, malgré les hauts et les bas. Et, divine surprise, on y attrape de temps à autre la queue du Mickey !

© Gil Elvgren - Pin-Up Girl and Carousel

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À l'approche de ce premier rendez-vous, tant attendu, tant espéré, la question se pose  : curiosité ou sécurité ? Se parler au téléphone, échanger nos identités respectives et nos photographies au format portrait, décider d'un safeword... ou rien de tout ça ? Juste le feeling, une intime conviction que c'est Lui et nul autre. Que la si grande justesse de nos échanges épistolaires 2.0 et notre si belle complicité virtuelle sont forcément l'augure d'une parfaite compatibilité basée sur notre mutuelle compréhension et l'osmose de nos désirs, chacun complétant l'autre tel une pièce d'un même et unique puzzle ou résonnant en lui tel l'écho d'une pièce jetée au fond d'un puits aux souhaits. Ou est-ce seulement le signe de ma capacité à me bercer d'illusions ?

Quoi qu'il en soit, j'ai fait mon choix. Et je le laisse décider de mon sort, Lui qui a su ouvrir mon verrou intime. Je monterai donc bientôt sur mon manège à moi, celui qu'il a dessiné de ses mots à mon intention. En lieu et place de carrousel, le chemin gravillonneux d'un jardin public sur lequel j'irai déambuler dans le flou d'une ivresse myopique savamment entretenue par l'absence de mes verres correcteurs pour mieux être vue sans voir, première offrande de soumission. Le soleil scintillant bas dans un ciel de fin d'automne clément en guise de guirlande lumineuse. Le pas mal assuré sur mes talons hauts ripant sur les petits cailloux qui rouleront sous mes pieds, je tournerai sur cette piste, caracolant du haut de ces indomptables montures aussi fièrement que faire se peut, excitée comme à la parade, la queue de cheval en panache, le regard dans le vague, me sachant observée, détaillée, comme mise à nue par Lui qui prendra le temps de me faire douter, vaciller, pour mieux me rattraper et m'entrainer vers la suite, me décernant un ticket pour un second tour. Peut-être.

jeudi 11 octobre 2018

Aller à qu'on fesse


Oui, je dois le confesser, je ne suis pas une sainte. Il n'est point besoin de me pousser beaucoup pour que je retombe dans mes mauvais travers et que je fasse preuve d'espièglerie, dopée à l'euphorie des promesses de lendemains qui chantent et cédant au courage facile d'une duelliste à distance se sachant hors d'atteinte. Bref, je suis parfois malicieuse. D'aucun me dit même cabotine.

C'est indubitable, et c'est plus fort que moi. Il m'arrive, rarement, d'être possédée par le démon du bon mot et du mauvais tour. Il faut préciser aussi, à ma décharge, que je suis l'enfant d'une époque bénie et facétieuse où l'on s'exprimait assez librement et où l'on savait s'amuser. Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, adieu grand Charles, avant la fin de l'innocence et l'arrivée du SIDA, des pédophiles et tueurs en série aux quatre coins de l'hexagone, du réchauffement climatique planétaire et de la disparition annoncée et irréversible de la biodiversité... et avant surtout la mort de l'inénarrable Georges Marchais !

À ce Lui qui craint et m'accuse en filigrane d'avoir choisi de le mal lire, je ne résiste pas à la tentation de répondre, avec gourmandise, par les mots de ce monument politique avec lequel je communie sans réserve et dont la réplique culte fond dans ma bouche (mais pas dans ma main) telle une hostie

mardi 9 octobre 2018

Chez JJ&J,

la gestion des risques professionnels est une priorité.

Pour ce qui touche à la prévention des troubles musculo-squelettiques d'origine posturale chez nos secrétaires et dans le souci d'améliorer le bien-être au travail de nos salariées, le CHSCT, à l'initiative de Monsieur Jones lui-même, s'est unanimement prononcé pour l'acquisition de chaises de bureau adaptées.

« Mademoiselle Zoé, cessez-donc de vous plaindre de vos reins, et montrez plutôt l'exemple à vos collègues. Venez essayer ce modèle de démonstration et laissez-vous pénétrer par son efficacité. Cette chaise a été spécialement conçue pour vous stimuler à vous tenir le dos droit et rectifier votre cambrure excessive. Et réjouissez-vous, elles devraient être livrées en début de semaine prochaine...»

Chloé Lacourt

Vivement lundi !

Mon Seigneur de l'Anneau

Un pont entre deux rives

Ce Lui là qui occupe mes pensées nourrit aussi, jour après jour, ma réflexion autour du Phantasmo ergo sum. Je fantasme, donc je suis. Il m'aide à être à nouveau entièrement moi, en contribuant à me révéler à moi-même mieux qu'un thérapeute psychanalytique Freudien et à me réapproprier pleinement cette Autre léthargique que je suis sous mon masque social, ce ça pulsionnel tiraillant et muet car bridé, brimé, enfoui sous le poids du surmoi, morale, bien-pensance et sens du devoir et de l'honneur en tête.

À ce Lui là qui veut me contempler, gémissante, tenue, liquide et dominée, je m'en remets et me soumets, récitant à la demande ma profession de foi comme d'autres leur credo, « Je suis, attentive et obéissante, à l'écoute de vos désirs. », pour qu'Il me guide vers l'abandon du contrôle inconscient sur soi-même, vers ce mythique lâcher prise qui m'offrira d'être, simplement et sereinement, dans le moment présent, ouverte aux plaisirs égoïstes de l'esprit et du corps.

L'abandon du contrôle donc, que de mauvais esprits à l'humour grivois pourraient titrer : Retour vers le stade anal. Je ne les félicite pas ! Mais je savoure l'analogie, si j'ose dire, des aventures futures en plusieurs épisodes, Rome ne s'étant pas faite en un jour, de Pygmalion et de sa Galatée avec celles de Marty McFly et du Dr Emmett Brown (sans oublier la DeLorean dont nous verrons dans le paragraphe suivant qu'elle est remplacée par un autre genre de véhicule, au sens bouddhiste du terme) des films éponymes. Comment en arrivé-je à citer une telle référence cinématographique sur mon blog, voilà bien une question dont je préfère ignorer la réponse.

Contrôle et analité, voilà où j'en étais restée avant que de m'interrompre moi-même, et avec quelle trivialité. La voie fut timidement explorée en des temps reculés. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Une attraction-répulsion tenace. Cela me fait autant puissamment envie que terriblement peur. Mon goût pour les beaux objets attire irrésistiblement mon regard, nous l'avons déjà vu ici, vers les Rosebuds bijoux de Julian Snelling. Cet aveu n'est pas tombé sous l’œil d'un aveugle, qui me promet, dans l’intérêt même de ma porte étroite, d'être close bientôt...

À ce Lui unique car instruit qui me lit, je pourrais répondre : « Très cher, Vous me voulez libre et ouverte d'esprit, mais prétendez y parvenir par le biais d'un corps tenu et travaillé, localement clos pour les besoins de votre service ? Ne voyez-Vous point là une contradiction que je serais en droit de Vous opposer pour me soustraire à vos ambitions ? » Mais je ne me soustrairai pas, parce que son emprise, le pouvoir de ses mots m'étreignent et m’astreignent. Parce que ses ambitions révélées ne sont jamais que l'expression de mes désirs tus. Il me devine si bien entre les lignes que, par delà l'alchimie des chairs, on croirait déjà nos esprits mêlés.

Cette histoire de porte close et l'évocation ô combien poétique et sensible d'un pont entre passé et avenir, depuis ces temps reculés à peine évoqués plus haut mais dont on peut retrouver la trace, comme le sillage d'un parfum entêtant, dans les premiers billets de mon blog, jusqu'au moment imminent où, à l’exception de mon pubis, il ne sera pas question de faire rase cette table de chair autrefois offerte aux nécessités de mon éducation, seulement de la dresser à nouveau afin d'abreuver ensemble, demain, ma part femelle à ces sources de sel, de nacre et d’or, toutes vives en moi encore ; cette histoire de porte close et de fantômes du passé donc, m'inspire, outre une mou hésitante quant à l'affirmation prématurée concernant mon pubis rasé, un nouveau clin d’œil issu d'un autre monument cinématographique. 

Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi

Et de ce cours extrait du troisième volet de la trilogie de J. R. R. Tolkien et de Peter Jackson , j'en viens, enfin, au titre de mon billet : Mon Seigneur de l'Anneau, qui me veut serve à ses pieds, au moyen d'un rosebud qui viendra prochainement clore ma porte étroite. Lequel sinon celui-ci, qui rappelle les admirables et lourds heurtoirs de bronze aux plus belles de nos portes parisiennes (un spécimen chiné sur une brocante et fixé sur un écusson de trophée orne d'ailleurs un mur de mon antre) ? Farouche partisane de la cause animale et défenseur de nos amie les bêtes à poils et à plumes, j'avoue le rouge borderlien aux joues, pétrie de honte, que je cèderai sans trop me forcer aux rugissements du lion, roi des animaux et signe zodiacal tout feu tout flammes qui mérite parfois d'être dompté, aussi bien qu'aux hululements du hibou, mon animal totem ! Ou comment apprendre, par la répétition du geste, à se fermer pour mieux savoir s'ouvrir à l'Autre. Troublant paradoxe, s'il en est.
Heurtoir Tête de lion et serpents, Fontaine frères & Vaillant
42 rue d'Anjou, VIIIe

vendredi 5 octobre 2018

Couleurs d'automne

Petites causes, grandes conséquences. L'effet papillon qui, de la défaillance d'un joint torique conduisit à l'explosion de la navette spatiale Challenger et à la mort de sept astronautes, m'a saisie en plein vol, et d'un accident de la vie d'un tiers a brisé les ailes de mon désir tout juste renaissant. Ce fragile château de cartes de mes fantaisies secrètes, trop vite édifié, s'est effondré sur lui-même, recouvrant les fondations de poussière au goût de cendre froide. Si fragile mécanique intime du fantasme... Mais peut-être que tout reconstruire ne dépend que d'un effort de volonté ? 

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L'automne est bien là. Et si les températures anormalement clémentes, si le soleil persistant à darder ses rayons insolemment certains jours permettent d'en douter, il suffit, pour s'en persuader, de regarder les feuilles des arbres prendre leurs teintes sanguines et mordorées annonciatrices d'un déclin programmé. Les jours raccourcissent tandis que les premiers froids habillent les citadines de collants semi-opaques aux jambes et de foulards aux cous. Comme je les envie. Comme je les imagine marcher vers Vous d'un pas plus léger que le mien et plus enclin à satisfaire l'esthète que vous êtes...

Mais je n'abdique pas, pas encore. Vous lire est un tel souffle de vie, d'envie. Je suis suspendue à vos mots qui me font frissonner bien mieux que n'importe quel vent d'hiver. Aux heures les moins vacillantes de ma confiance en moi, je me prends à rêver à ce jour prochain où je m'apprêterai à venir vous retrouver dans ce lieu que vous avez choisi et que je ne connais pas. 

Levée aux petites lueurs du jour, égrenant les minutes qui me séparent encore de notre rencontre, je prendrai soin de me faire épiler, gommer, manucurer. De me vêtir, me parant de sous-vêtements neufs choisis tout spécialement pour vous et de bas veloutés sous une robe des plus classiques agrémentée d'un foulard (qui, à l'instar des feuilles, finira par tomber comme un drapeau qu'on abaisse en signe de reddition) et d'escarpins à petits talons. De me coiffer comme je n'en ai guère l'habitude, trop habituée au confort des cheveux noués et de me maquiller discrètement, à l'égal de ma féminité. Un peu de mascara et un trait de crayon vert aux yeux pour faire ressortir mon regard, peut-être un peu de blush aux joues que j'ai si pâles. Rien d'extravagant. Aucun bijou.

Quand le moment sera venu de me mettre en route, je chancellerai sur mes talons, moins en raison du manque d'oxygène à cette altitude inaccoutumée que sous le coup de l'émotion intense qui m'étreint à cette seconde où, franchissant ma porte, je me sais partie pour un long voyage sans possibilité de retour en arrière. Une seconde d'éternité, une seconde irréversible. Je suis déjà vôtre et j'accepte dès cet instant - mais cela remonte à bien plus loin, sans doute aux premiers messages échangés - de me livrer à vous au-delà du repas auquel vous me conviez, dans le privé de votre chambre d'hôtel.

Comme le marteau d’un piano, ne heurterez-vous mes chairs que pour entendre vibrer mon âme ? Me contemplerez-vous gémissante à vos pieds, tenue, liquide et dominée ?

mardi 25 septembre 2018

Je ne bois pas, je ne fume pas

Mais qu'est ce que je peux sucer...comme pouces !


Spéciale dédicace à Anatole et à Dominique Lavanant 😜

Sorcière, sorcière

Prends garde à ton derrière !

Qui ne connaît pas Les contes de la rue Broca, et La sorcière de la rue Mouffetard, de Pierre Gripari ? Il n'y est pas question de fessée, mais d'une vilaine sorcière du placard aux balais, hantant la maison que Monsieur Pierre vient d'acheter à un notaire peu scrupuleux qui s'est bien gardé de l'informer de la présence de l'intruse. Cette sorcière ne sort de son placard qu'à la nuit tombée, et seulement après avoir été invoquée, ou plutôt provoquée, par une petite chanson :
Sorcière, sorcière,
Prends garde à ton derrière !
Elle s'empare alors des pauvres âmes qui échouent à l'épreuve des trois vœux en ne parvenant pas à lui demander une chose impossible. La sorcière sera finalement prise à son propre piège, se transformant en grenouille à cheveux qui une fois tondue, perdra ses pouvoirs maléfiques.

Pourquoi je vous raconte tout ça ?

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© Louis Maurice Boutet de Monvel, La leçon avant le sabbat, vers 1880

Le don se transmet de générations en générations, par la lignée féminine. Chacune s'en est découverte héritière pendant l'enfance, chacune a appris seule à s'en accommoder. Aucune de celles que j'ai connues n'en a fait fond de commerce, aucune d'elles n'a cherché à le développer auprès de ses semblables. Tout juste certaines l'ont pratiqué du bout des doigts, et toujours dans le plus grand secret. Ce n'est pas un sujet de conversation qu'on aborde aux repas de famille, entre le fromage et le dessert, après que le vin a délié les langues et en présence des hommes qui, depuis deux mille ans, ont vu d'un œil mauvais l'existence et l'exercice de ces pouvoirs occultes remettre dangereusement en cause leur statut de dominants naturels et culturels. Les femmes ont autrefois payé cher le fait d'être trop libres, trop fortes, trop indépendantes, trop savantes et, ce faisant, de contester l'ordre établi. Après tout, la concurrence déloyale est sanctionnée encore aujourd'hui !

Sibylle je suis, donc, de mère en fille. Et pour un raté le week-end dernier, j'admets mériter une fessée (et pas le bûcher !). Comme ces consœurs qui, visiblement, ont été corrigées ; et si vous ne savez pas pourquoi, elles le savent. On notera sur la dernière image la présence d'un martinet sur la table ?!
N'hésitez pas à cliquer sur chaque illustration pour admirer en taille originale le travail de Christal et de Pierfes qui m'ont très gentiment prêté un coup de main et leurs talents artistiques pour retoucher les rondeurs et les couleurs de ces diablesses, et que je remercie chaleureusement.

© Albert Joseph Pénot, Départ pour le Sabbat, 1910
(retouche Christal)

© Félicien Rops, La petite sorcière, 1897
(retouche Christal)
© Antoine Wiertz, La Jeune Sorcière, 1857
(retouche Pierfes)

© Jean Morisot, titre inconnu, 1925
(retouche Pierfes)

© Les Rita Mitsouko, La sorcière et l'inquisiteur (1999)

jeudi 20 septembre 2018

Le yin et le yang


Wikipédia : Dans la philosophie chinoise, le yin et le yang sont deux catégories complémentaires, qui sont utilisées dans l'analyse de tous les phénomènes de la vie et du cosmos. Ce ne sont en rien des substances, ni des « forces » ou des « énergies » mais ce sont simplement des étiquettes pour qualifier les composantes différentes d'une dualité, en général opposées et complémentaires. Le yin et le yang n'existent pas en eux-mêmes ni hors d'une relation les liant.

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J'adore cette photo et ses contrastes saisissants. Si évidemment opposés et complémentaires. Si naturellement distribués. L'homme vs la femme, le noir vs le blanc, la force vs la faiblesse, le dominant vs la soumise, l'habit vs la nudité 😍... J'aime la raideur des lignes de l'un, et la souplesse des courbes de l'autre, les gestes et attitudes maîtrisés d'un bout à l'autre et s'épousant parfaitement. 

Preuve est faite par l'image, si besoin en était, que l'homme et le femme ne sont en rien égaux - ce qui ne signifie en aucun cas qu'ils n'ont pas à être égaux en droits au regard de la loi qui ne doit pas pour autant taire ou nier les spécificités propres à chaque sexe, subtile distinction qui change tout pour qui la comprend - ils sont des opposés complémentaires réalisant, une fois réunis, un équilibre parfait. Telle est la nature de notre animale humanité. 

Cela ne m'empêche en rien de respecter chacun.e, à sa place, au regard de son propre mérite. Et cela ne m'empêche en rien, bien au contraire, d'adhérer au féminisme d'arrière-garde, non sans une admiration sans bornes pour celles qui l'ont défendu, à l'image de Simone Veil ou de Gisèle Halimi pour ne citer qu'elles, l'écriture inclusive, malgré le déplorable aperçu ci-avant, constituant un parfait contre-xemple des luttes héroïques auxquelles je ne prendrai jamais part les seins à l'air ou la bave aux lèvres telles les femen ou les chiennes de garde !

Rewind

"La patience est un arbre dont la racine est amère, et dont les fruits sont très doux." (proverbe persan)

Au début était l'envie. L'envie renaissante qui souffle sur des braises presque éteintes et ravive un brasier si ardent, si flamboyant, qu'elle a bien du mal à le circonscrire dans le seul âtre virtuel où elle prétend l'alimenter. Mais peut-être n'est-ce là qu'un vœu pieu qu'elle a formulé sans y croire vraiment, incapable de se duper elle-même sur le caractère équivoque de sa démarche qui la ramène en terrain connu et honni pendant de longues années. Bientôt ce feu obsédant la dévore jour et nuit, ne lui laissant plus une minute de répit, l'esprit toujours dans ses ailleurs fantasmatiques, un sourire énigmatique aux lèvres aux yeux de son entourage qui la voit jour après jour plus distraite, plus lointaine.

 

Derrière son écran, elle veille. Redécouvre comme au premier jour ses troubles émois, intacts, s'en amuse, s'émerveille, se libère, s'effarouche, tergiverse, s'emballe... Le regard irrésistiblement tourné vers ce Lui qui a capté sa pleine et entière attention comme l'hypnotiseur met en transe son sujet consentant. Elle est bel et bien ferrée et se débat inutilement au bout de sa ligne avant que d'être ramenée à la surface du réel, lors d'une rencontre qu'Il aura su provoquer à force de patience et de savoir-faire quand elle s'efforce de la repousser en déployant des trésors d'inertie et de doutes. Ce pêcheur de pécheresses qui n'aspire qu'à jouir de sa prise, corps et âme, l'éblouit autant qu'il lui inspire les plus vives inquiétudes, certaines parfaitement légitimes, tant il cultive le mystère autour de son personnage. Est-il de ceux qui, d'une main tendue sous le masque des plus aimables manières, s'empare d'un bout de doigt pour broyer le bras entier dans son engrenage infernal ?


Cette main pourtant, elle ne peut en détourner le regard. Elle sent, elle sait qu'elle s'en saisira tôt ou tard, c'est inéluctable. Ne l'a-t-elle d'ailleurs pas déjà fait ? Lui reste, chevillée au ventre, l'angoisse qu'Il ne la respecte pas, elle qui entend se livrer ainsi avec autant d'impudeur au vice et à la luxure de sa nature profonde. Suffisamment aguerrie aux pratiques psychanalytiques, elle comprend qu'il ne s'agit là que d'une projection de sa propre mésestime d'elle-même, qui l'accompagne depuis toujours et dont elle ne s'est affranchie que l'espace de quelques mois heureux, dans un tumultueux passé révolu. Elle aspire à retrouver le chemin qui, de chrysalide, aboutira à l'épanouissement de la femme qu'elle est quand elle n'étouffe pas sous la masse des innombrables strates superposées de complexes, tabous, morales, devoirs qu'elle a fait siens sous le joug d'une éducation qui ne lui a pas enseigné la confiance en soi et son droit individuel au bonheur. Cette transformation, contre laquelle son corps lutte de tout son poids, est la clé de sa reddition. Qui a déjà tourné d'un quart de tour dans la serrure de sa balance interne... Tic tac, c'est déjà l'automne et bientôt un nouveau printemps ?

© Benoît Bacou, Femme dans un cocon

 
© Tété, À la faveur de l'automne (2003)

lundi 17 septembre 2018

Citation littéraire

Un peu de culture pour prolonger la journée du patrimoine


"Un homme, dans son grenier, s'il nourrit un désir assez fort, communique de son grenier le feu au monde."
Un sens à la vie (1956), Antoine de Saint-Exupéry

samedi 15 septembre 2018

What else ?

Servir ou rougir (devise du 1er RCDD, Régiment des Compagnes Domestiquement Disciplinées)


Le café ne devait pas être de la bonne marque d'expresso, pas assez ou trop torréfié, pas assez ou trop serré, pas à la bonne température, ou mal servi (en effet, la tasse ne semble reposer sur aucune soucoupe assortie pouvant accueillir morceaux de sucre et cuillère à moka)... Ou alors Madame a-t-elle osé interrompre pour des futilités la cérémonie d'après déjeuner que Monsieur savoure religieusement en écoutant un air de musique classique ? Quoiqu'il en soit, si café bouillu café foutu, café saboté mérite fessée ! What else ?

Métronome

“Avance souplement au rythme de la nature, en accord avec elle, car ses rythmes sont parfaits. Il y a une place pour chaque chose et chaque chose y a sa place.”


J'ai toujours adoré ce parfum, cette fragrance unique reconnaissable entre mille, mélange de cuir, de terre et de bois, d'une exquise distinction, d'une folle élégance... à l'aune de cette affiche publicitaire ! Cette cravache rouge assortie à la veste des cavaliers, qu'on sent destinée à tout autre chose qu'à flatter la croupe d'un cheval, fut-il pouliche racée, n'en déplaise à Monsieur Guerlain qui le créa en hommage à l'art équestre. Cette "figure de haute voltige, reflet d'un instinct maîtrisé, raffiné, puissant" ne peut que se superposer, dans mon esprit, à l'idée que j'ai de certaine personne qui, je le devine, manie au moins aussi bien la cravache que lesdits cavaliers. Et sans doute bien d'autres instruments et leviers de cette charnelle mécanique des fluides.


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Nouvelle rencontre. On n'en compte plus le nombre, tout juste peut-on dire qu'ils n'en sont plus aux balbutiements de leur relation. Toutefois Monsieur en toute chose prend son temps, et pour l'heure celui d'enseigner à la demoiselle à se tenir convenablement d'équerre, nue en sa présence, attitude qu'il jauge au compas de sa très haute exigence et corrige autant de fois que la nécessité l'y oblige. Une sorte de rite d'initiation auquel l'impétrante se doit d'exceller pour accéder au statut d'apprentie et à un état d'illumination, d'ouverture et de liberté.

L'apprentissage chronologique de la liberté et de l'ouverture, comme nous l'avons vu, a d'ores et déjà commencé. Premièrement par le rasage pubien qu'elle a subi, pétrie de honte et de désir, puis qu'elle a minutieusement entretenu chez son esthéticienne par des épilations complètes. Deuxièmement par le port imposé d'un rosebud niché au cœur de ses reins, centre névralgique et symbolique du contrôle de soi et de son abandon, dans les heures qui précèdent et que durent leurs entrevues. 

Sans s'y être encore totalement accoutumée, elle apprécie les sensations que lui procurent, d'une part les frottements de sa culotte de soie sur son sexe glabre et qui lui rappellent à tout moment la fille convenable qu'elle est devenue, c’est-à-dire observable jusque dans ses plus intimes débordements. D'autre part la présence intrusive de ce bijou intime en son sein, outil destiné à la culture régulière d’un œillet dont la complète disponibilité fondera pourtant la réalité quotidienne de sa condition.


La présentation docile de cette parure à l'homme qui la possède sans, pourtant, l’avoir prise encore, reste une épreuve chaque fois renouvelée, chaque fois surmontée dans la gêne mêlée d'une égale fierté. 

Ce jour, Monsieur, sitôt l'inspection terminée, lui ordonne de se redresser et de lui faire face, tête haute, bras croisés dans le dos, mains soulevant sa jupe au creux de sa taille, culotte toujours baissée aux genoux afin de pouvoir vérifier de visu l'effet produit sur elle par l'annonce de la suite du programme : sitôt qu'il aura fini de lui énumérer le menu à la carte qu'il a concocté pour elle, elle devra se dévêtir entièrement et s'agenouiller entre ses jambes, en lui offrant sa croupe. Il extraira alors le rosebud, et présentera à sa corolle épanouie l'extrémité de l'objet posé sur un petit plateau d'argent à sa droite : un antique phallus en ivoire monté sur un manche en bois sculpté, gravé "At your service", déniché chez un brocanteur spécialisé dans les objets de curiosité.

Phallus en ivoire monté sur manche en bois tourné, gravé "At your service"

Sans que Monsieur, confortablement calé dans son fauteuil, n'ait à bouger, Mademoiselle devra, à quatre pattes, venir s'empaler d'elle-même sur ce succédané de membre viril préalablement oint d'une noisette de lubrifiant et démontrer ses progrès et sa bonne volonté en absorbant la totalité de la verge jusqu'à la garde puis en effectuant des mouvements de va-et-vient au lent tempo des coups de cravache qui s'abattront sur sa cuisse gauche, s'ouvrant à l'aller, se contractant au retour. 

Si elle venait à faillir, par manque d'hospitalité ou de rythme, l'antiquité serait rapidement remplacée par un doigt de gingembre que Monsieur est actuellement en train d'éplucher et de tailler sous ses yeux, avant de le poser dans une coupelle de porcelaine fine sur le plateau d'argent, à côté du phallus. Le délai d'action de la racine punitive étant d'une vingtaine de minutes environ, mademoiselle subirait simultanément les cinglées allègres d'une cravache beaucoup plus incisive, non plus seulement sur les cuisses mais aussi sur son cul si peu obéissant. 

vendredi 14 septembre 2018

Babette, marquise des Anges

 Je la lie, je la fouette et parfois elle passe à la casserole

S'il est un instrument dont je n'aurais sans doute jamais parlé ici (ni ailleurs d'ailleurs !) si l'on ne m'en avait pas inspiré l'idée, c'est bien celui-ci : le fouet, effrayant tant il semble réservé à une élite hors norme et marginale, adepte de pratiques des plus hard, et qui entretient une sorte de mystère autour de ce cruel serpent de cuir. Mais il ne doit pas y avoir de sujet tabou lorsque l'on aspire à s'offrir corps et âme. Cela dit, en m'en ouvrant ici à tous, l'aveu certes impudique étant moins dur à faire en public que dans le privé d'une messagerie personnelle, moins impliquant, peut-être est-ce une façon de ne m'offrir à personne ?...
 
Ai-je seulement déjà été donnée au fouet ? Grand Dieu non !
Mais l'idée m'a traversé l'esprit et a nourri certains de mes fantasmes, depuis l'enfance et ces moments inoubliables devant une télévision en noir et blanc, où je découvrais mes futures ivresses sexuelles devant Zorro, puis quelques années plus tard, Indiana Jones, deux hommes au fouet, ivresses qui m'inspiraient autant de trouble désir que d'horreur, trop consciente de l'anormalité de mes préférences et de l'immoralité de mes déviances que je devinais devoir taire au reste du monde. J'étais alors encore trop jeune pour prendre toute la mesure de cette attirance pour les jeux de fessées ou plus corsés.

Puis toute jeune adolescente, je m'émerveillais devant une énième rediffusion d'Angélique et le Sultan, dont je ne retenais qu'une seule scène : celle du fouet et d'Angélique flagellée sans ménagement sous l’œil sévère et impitoyable du Sultan ! Comme j'aurais alors aimé avoir accès à l'internet d'aujourd'hui, et en quelques clics, pouvoir me repasser en boucle ces quelques minutes, les yeux rivés à l'écran, la main distraitement occupée ailleurs...

 
© Angélique et le Sultan (1968), extrait

Le mélange explosif de domination, de désir sexuel, de châtiment corporel... me sauta au visage, et j'en ressortais éclaboussée par la certitude que ces émois là ne me quitteraient jamais plus, pas davantage que l'irrésistible attraction des charmes de l'Orient avec ses ventes aux esclaves et ses mystères de harems aux portes closes. [L'orientalisme est d'ailleurs, en peinture, mon sujet préféré.] 

Ce petit GIF me fascine, car je devine à gauche le Sultan offensé assistant à la punition d'une jeune femme, dont il a récemment fait l'acquisition au marché aux esclaves, par une de ses favorites qui procède sous son contrôle en évitant de blesser ou marquer les chairs pour ne pas dévaluer le bien de son Maître. Cette séance de fouet participe-t-elle des frappes préventives, qui visent à éteindre toutes velléités de fuite ou de rébellion que pourrait nourrir la captive, encore ignorante des bienfaits de sa nouvelle condition ?


PS : si quelqu'un connaît l'origine de cette scène, je suis très curieuse d'en savoir plus. Merci d'avance.

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Je me remémore parfois un autre souvenir fondateur dans mon parcours initiatique. Une autre histoire. Celle de la découverte, adolescente à peine plus âgée, de ce monde érotique particulier au travers de la lecture en cachette de mes parents d'une bande-dessinée qui narrait les déboires d'une accorte jeune femme un brin gironde, de petite noblesse, sauvée d'une mort lente sur un frêle esquif de fortune par elle investi suite au naufrage, en pleine nuit, du vaisseau qui l'emportait vers son futur époux. 

La demoiselle est repêchée en mer dans le plus simple appareil, dépouillée par la force des éléments naturels de la seule chemise de nuit qui la vêtait au moment de sa fuite et qui est partie en lambeaux aux quatre vents. Promptement hissée à bord du navire qui lui porte secours, elle se retrouve sur le pont, nue comme au jour de sa naissance, cernée par un attroupement de pirates aux regards lubriques et emplis de convoitise.

 
Elle se sent prête à défaillir lorsqu'elle entrevoit dans leurs yeux luisants de concupiscence et de vice les abus auxquels elle est promise en tant que prise de mer. Funeste présage aussitôt confirmé de vive voix par le capitaine qui la laisse face à un choix cornélien. 

Libre à elle de refuser de se soumettre et de tenter sa chance au supplice de la planche : elle finira alors ses jours, qui ne sauraient durer au-delà d'une apnée de quelques minutes, comme figure de proue sous la ligne de flottaison, chaste sirène noyée dans l'amer de ses larmes sur son destin matrimonial brisé et son hymen intact.

© Harry Fayt, Miluniel

Elle peut aussi accepter son sort et subir les tourments qu'il plaira à chaque membre de l'équipage, du premier lieutenant au dernier matelot, de lui infliger. Si la demoiselle y perd sa vertu, du moins préserve-t-elle sa vie, avec la promesse bien incertaine d'une liberté offerte à la prochaine pêche miraculeuse obligeant une autre infortunée, plus fraîche et à l’inégalable saveur de nouveauté, à la remplacer dans son service pour satisfaire les appétits insatiables de ces messieurs.

Si la jeune femme consent, le contrat qui scellera son accord sera signé sur sa peau, par les lignes écrites au moyen du fouet sur son corps offert, les bras relevés et attachés au grand-mât. Elle sera par la suite conduite à fond de cale et livrée à chacun par ordre hiérarchique pour y subir les assauts bestiaux qui la défloreront de toutes les manières possibles, lui faisant découvrir, à la faveur du savoir-faire des plus rompus aux subtilités de l'amour ou d'un membre viril plus talentueux que les autres, les miracles du plaisir jusqu'à l'orgasme, jouissance ultime qu'elle ne connaîtra jamais plus dans les bras d'un époux de son rang. 


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Dans la réalité... Aïe, ça pique ! Ces deux dernières photographies, patiemment recherchées et sélectionnées, ont beau être particulièrement esthétiques et léchées, elles n'en demeurent pas moins extrêmes à mes yeux. Et je me vois mal me prêter à ce genre de pratiques qui me semblent bien trop hard pour moi. Et risquées si mal maîtrisées. Je passe mon tour et je dis : joker !

jeudi 13 septembre 2018

La leçon de piano

Faute de grives on mange des merles

N'ayant su trouver d'image pouvant illustrer une leçon de guitare ou plutôt l'idée très particulière que je me fais d'une leçon de guitare, il m'a fallu me rabattre sur une leçon de piano... Si j'ai bien une guitare à la maison, celle de feu mon grand-père, je n'ai pas de piano. Mais pour rêver, il n'est nul besoin de s'en tenir ni à la réalité ni à la matérialité. Adieu à la "Romance" en mi mineur de Jeux interdits (1952), qui me semblait pourtant plus qu'appropriée, et transposons-nous en do majeur pour se frotter à la version (simplifiée pour les débutant(e)s) de "The Entertainer" de Scott Joplin.

Dès la première leçon, il semble évident au Professeur que la demoiselle n'a pas jugé utile de s'astreindre aux exercices quotidiens qu'il lui avait pourtant recommandés afin de débuter sur des bases saines : la dilettante n'a tout bonnement pas pris la peine de faire ses gammes et a insouciamment attendu que le jour de sa leçon soit venu pour s'atteler à sa tâche sous la férule de son enseignant. Comment, dans de telles conditions, apprendre le placement des mains, acquérir le toucher et la dextérité nécessaires pour progresser ? Il n'en faut pas plus au professeur, roué à la prise en main des mauvaises élèves, pour poser aussitôt les règles de bonne conduite qu'il entend appliquer avec force et constance à la vilaine, à savoir de sévères sanctions pour tout manquement aux consignes hebdomadaires : pour cette fois, une humiliante fessée déculottée assenée au rythme du ragtime et au son des gémissement et jérémiades de la désinvolte jeune femme.


La deuxième leçon arrive la semaine suivante, qui doit permettre d'aborder la partition du morceau sélectionné en dissociant les deux portées - main droite et main gauche - sans qu'il n'ait été exigé que chacune soit apprise par cœur. Nouvelle carence, nouvelle déception, qui incite le professeur à entrer de manière plus incisive dans le vif de son négligent sujet : puisque la fessée n'a pas porté ses fruits, le répétiteur monte en grade et sort les cannes en rotin, de différentes tailles, diamètres et flexibilités, pour zébrer durablement le cul de l'étourdie, debout penchée sur le clavier qu'elle néglige tant, espérant que les traces piquantes qui devraient persister quelques jours sauront rappeler la demoiselle à ses devoirs.


Las, à la troisième leçon qui doit voir les deux mains se coordonner dans un ballet de doigts agiles et précis pour former la mélodie mondialement connue, rien n'a changé ! Monsieur hésite alors entre ficeler l'inconséquente à son instrument le temps qu'il faudra, pour qu’indéfectiblement lié à lui, elle ne puisse plus l'ignorer, et attacher la fumiste sur son instrument pour lui jouer un petit concert très privé tout en se dédommageant grassement et à sa guise de ses inutiles et considérables efforts, selon son bon plaisir...


PS : Pour ceux qui ne l'aurait pas encore remarqué, en dépit du titre trompeur, cet article n'a donc aucun rapport avec le film La Leçon de piano de Jane Campion avec les très appliqués à leur travail Holly Hunter, Harvey Keitel, Sam Neill et Anna Paquin, sorti en 1993, et qui cumula pas moins de 10 prix et 23 nominations, dont trois Oscars, un César, deux palmes au Festival de Cannes etc etc.  Ah si, il y a tout de même une histoire de piano et de cannes en commun !

mardi 11 septembre 2018

Le Parrain

Le poids des mots



J'ai maintes fois lu, sous la plume de clavier aussi bien de Messieurs que de demoiselles, des textes (récits, articles et commentaires de blogs, contributions sur des forums, petites annonces...) où il est fait mention de parrains. Je ne parle pas d'un parrainage où quelqu'un d'expérimenté dans le domaine de la fessée ou plus généralement BDSM prend sous son aile protectrice et bienveillante, couve de conseils tel un guide averti, et sait écouter et répondre aux questionnements de sa filleule débutante, sans qu'il y ait entre eux d'autre relation d'une nature plus charnelle et répressive. Je parle de surnom pris ou donné comme dans un jeu de rôle, souvent sur le mode régressif et infantilisant (à l'image des daddys & naughty girls d'outre-Manche). La demoiselle parlera volontiers de son parrain qui la surveille, la sermonne et la punit, Monsieur se présentera comme son parrain qui l'éduque et la maintient dans le droit chemin à force de remontrances et de corrections.

J'ai peu de goût pour ces appellations qui m'apparaissent toujours... un brin ridicules, à l'image du si commun (et souvent galvaudé) Maître. Ce n'est en aucun cas un jugement mais l'expression d'un ressenti personnel. Chacun ses goûts (et dégoûts), chacun ses choix !

Mais un/son parrain n'est pas Le Parrain ! Ce dernier, chef d'une grande famille de la mafia sicilienne, n'est pas commode, c'est là son moindre défaut. Il impose le respect par l'intimidation ou les représailles, par l'aura qu'il dégage, et réclame la soumission et l'allégeance de quiconque souhaite intégrer son clan ou bénéficier de sa protection, dans un cérémonial de cour avec baise-main ou plutôt baise-chevalière, celle-là même qui se transmet de génération en génération et constitue le signe visible de sa filiation et de sa légitimité ainsi que de son rang, comme un sceptre royal, signe inutile tant tout un chacun sait qui Il est mais de pur apparat.

The Godfather (1972), Al Pacino


The Godfather (1972), Marlon Brando


Celui-là m'inspire déjà beaucoup plus de troubles émois ! Et je me prends à rêver...
Je me présente devant Le Parrain (et non mon parrain), et je m'agenouille spontanément et lentement à ses pieds, pour Lui jurer muettement obéissance et fidélité d'un symbolique baise-main (qui, dans nos société occidentales est "un geste de courtoisie, de politesse, de respect, d'admiration ou encore de dévouement d'un homme envers une dame" exclusivement) ou, déclinaison plus féminine, par la succion d'un de ses doigts...



L'hommage ayant été accepté par Le Parrain qui, glissant sa main sous mon menton, me redresse la tête pour sceller ce pacte d'un simple échange de regards lourd de sens et de conséquences, je me pare ensuite du signe visible de mon statut, un collier d'appartenance, puis m'incline devant Lui le temps qu'il Lui plaira, jusqu'à ce qu'il me congédie.



Après ça, il ne fait aucun mystère que si je venais à rompre mes vœux et à manquer à ma parole en trahissant ses petits secrets, Le Parrain aurait recours à son arme de prédilection, la strap, et après m'avoir dument châtiée avec comme nous l'avons vu sur la première image de cet article, il saurait bien me museler et me faire taire durablement d'une manière ou d'une autre. Il ne me resterait alors plus qu'à espérer son pardon...