vendredi 21 novembre 2014

Gif du vendredi

© La Fessée ou les Mémoires de monsieur Léon maître-fesseur

Robe de bal


Le pouvoir des mots, de quelques mots semés dans son privé. "Robe de bal". Une image, une idée. Presque une invitation.

Pourtant elle ne dansait plus depuis longtemps, hormis la valse des souvenirs, et ne voulait plus danser, jamais. Petite chatte échaudée. Mais il ne faut jamais dire jamais, et elle s'était surprise à fredonner, raccourci inconscient d'une pulsion qui refusait de s'éteindre, "Dance me to the end of love"...

Danser, avec Lui. Du moins jouer avec l'idée d'un possible.

Une danse très spéciale. Une danse de gestes lents et précis, tissant sur son corps au fil de l'O une robe de bal en cordelettes de chanvre qui noueraient entre eux d'autres liens invisibles. Lui le créateur, le grand couturier, elle la muse, le modèle docile et muet. 

Sous les assauts perfectionnistes de Son regard exigeant et de Ses mains rigoureuses qui, inflexibles, la mettent à nu à mesure qu'ils "l'habillent", elle succombe peu à peu au plaisir.

Chaque effleurement de Ses doigts sur sa peau, chaque pression rugueuse des nœuds sur ses points sensibles embrument progressivement son cerveau et diluent toute pensée dans un halo sensuel qui irradie dans son ventre en palpitations humides. 

Vibrant en résonance sur la corde raide de sa jouissance, Il dirige et contrôle cette tension charnelle, exacerbant ou relâchant la pression au gré de son abandon. 

Danser encore, et encore, et encore, jusqu'à la fin du désir...



Photos © ?

samedi 8 novembre 2014

Punissez-moi, Monsieur, car j'ai péché

© Patrick Le Sage
La femme au prie-dieu

Elle l'avait découvert rangé sur le bas-côté du salon, délaissé, relégué au rôle d'étagère pour plante verte. Un petit prie-dieu austère qui avait immédiatement attisé sa convoitise. Elle avait glissé quelques allusions très discrètes, trop sans doute puisqu'Il n'avait jamais eu la bonne idée de s'en servir. En tout cas pas avec elle.

Plus tard, Il l'utiliserait pour en appâter une autre. Elle en avait ressenti un vague regret empreint d'un soupçon de jalousie. Une jalousie que sa vanité lui avait toujours interdit d'admettre et qui avait eu raison d'eux.

Son Grand Méchant Vous aux insatiables appétits avait faim de chair fraîche, et cet inextinguible attrait pour la nouveauté Le condamnait à une quête sans fin de nouvelles partenaires de jeu. Incapable de se réjouir qu'Il joue ailleurs une mélodie du bonheur dont elle n'était pas l'instrument et qui ne la privait en rien ni de Son amour ni de Son temps, elle avait pourtant refusé de Lui dire sa souffrance d'être The other woman, une parmi tant d'autres qu'elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer plus belles, plus jeunes, plus intelligentes, cultivées, drôles...
Pour se sauver d'elle-même, elle l'avait quitté.

Le temps avait passé, purgeant le poison de son cœur. Mais il était trop tard, elle ne pourrait jamais Lui faire l'aveu de sa faute et Lui en demander pardon. Sauf dans ses rêves.

*****

Elle se serait invitée chez Lui en son absence, quand elle Le savait occupé à ses cours particuliers. Il rentrerait sous peu, lui laissant tout juste le temps de mettre en scène la confession qu'elle brûlait de Lui faire.

Le prie-dieu, débarrassé de son fardeau végétal, aurait trouvé sa place au milieu du salon. Un coussin posé sur l'agenouilloir, atténuant à peine la dureté de l'appui pour qu'il fut supportable dans la durée, lui permettrait de profiter de ces quelques minutes de recueillement solitaire, jupe troussée sur les reins, culotte baissée à mi-cuisses, pour débuter sa pénitence avant l'heure de Son retour.

"Punissez-moi, Monsieur, car j'ai péché..."