vendredi 31 octobre 2014

Trique or treat

© Hegre-Art.com

L'après-midi touchait à sa fin en ce jour d'Halloween. Un après-midi des plus calme, que personne n'était venu perturber du traditionnel "Trick or treat", ni chez Lui, ni chez elle.
Lui qui refusait de céder au dictat des réjouissances obligatoires sembla en éprouver quelque regret. Elle avait complètement oublié la surprise qu'elle avait promis de Lui faire pour tenter de Le convertir!
Il était 19H30, il faisait déjà nuit noire...

Deux heures plus tard, elle sonnait à Sa porte, les cheveux encore humides de la douche qu'elle avait expédiée avant de se précipiter dans les transports en commun. 
Son manteau entrouvert sur sa nudité, elle ne portait que des bas noirs et une jolie paire de cornes en vinyle rouge. 
"Trique or treat ?"

jeudi 2 octobre 2014

Café gourmand

Par goût autant que par nécessité, elle vouait une passion servile à l'expresso. Lui aussi, pour d'autres raisons... Il avait attendu leur premier déjeuner ensemble pour lui en faire l'aveu comme s'il s'agissait d'un plaisir coupable, expliquant à la serveuse qu'il prenait toujours son café à la maison parce qu'il y était bien meilleur. "Pourvu qu'il soit préparé dans le bon appareil. C'est-à-dire le plus simple ! Et Mademoiselle ici présente fera ça mieux que personne."

Elle avait masqué sa gêne derrière un sourire de façade, jurant intérieurement de venger l'affront par un refus irrévocable. Qui ne dura que le temps d'être ramenée à la raison du plus fort. Monsieur en effet, pour des demandes aussi simples que celle-là, entendait être obéi au pied de la lettre. Après l'avoir basculée sur ses genoux et promptement troussée, après l'avoir fessée jusqu'à obtenir la promesse de sa pleine et entière coopération, Il la remit d'aplomb, prenant soin de rajuster son sous-vêtement qu'elle dut ôter elle-même avec le reste de ses vêtements. Et c'est dans le plus simple appareil, les joues et les fesses écarlates, qu'elle Lui servit son café ainsi qu'Il l'avait dit.

Le rituel perdura sans jamais varier, la laissant profondément insatisfaite, car si elle appréciait l'amertume de ce café très spécial, elle l'aurait parfois préféré plus... corsé.

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© Karine Ska ?
Vue sur le blog Hadrien et ses ombres

Rentrant d'un déjeuner ensoleillé à la faveur d'un exceptionnel été indien d'octobre, ils s'étaient installés au salon, Lui dans le canapé, bourrant sa pipe avec application, elle dans le fauteuil qui Lui faisait face, attendant qu'Il eut commencé à fumer et réclame sur un ton anodin qui ne l'était pas "un de ces délicieux petits cafés dont elle avait le secret".

Il mettait une méticulosité toute particulière à la préparation de son appendice fumigène lorsqu'Il fut interrompu par la sonnette de la porte d'entrée. Probablement une erreur. Il alla néanmoins ouvrir, la laissant en proie à une angoisse diffuse qui ne fit que s'accroître quand elle Le vit réapparaître suivi d'un homme qu'Il lui présenta comme un ami et confrère. Pour couper court aux scrupules formulés par cet invité surprise qui craignait de déranger, Il proposa un café. "Mademoiselle s'apprêtait justement à m'en faire un."

Elle n'osait comprendre. Et pourtant elle comprenait. Elle n'osait y croire. Et pourtant elle croyait qu'Il avait manigancé cela pour donner vie à l'un de ses fantasmes dont elle Lui avait fait la confidence sur le bout des lèvres dans un moment d'abandon total, certaine toutefois que Sa possessivité ne lui permettrait pas de l'assouvir. Un témoin masculin... Un inconnu...

Mais elle n'était pas sûre encore. Debout sur la planche du condamné d'un bateau ivre si prêt de chavirer dans la mer agitée de ses ailleurs, elle s'accrochait désespérément à Son regard comme un homme à la mer à sa ligne de vie, en quête d'une réponse, sans vraiment savoir ce qu'elle espérait le plus de cette main amie qu'Il ne tarderait pas à lui tendre : qu'elle la retienne ou la pousse pour qu'elle sombre corps et âme dans les profondeurs de son trouble abyssal...

"Allons Mademoiselle, ne nous faites donc plus languir."

Elle se dirigea vers la machine à café.

"Mademoiselle, vous savez bien que ce n'est pas le bon appareil pour un café gourmand..."

Elle s'immobilisa. Fit un "non" de la tête qui voulait dire "je ne peux pas".

 " Faudra-t-il que je vous aide, Mademoiselle ? Oui ? Bien, venez ici."

Et d'expliquer au mystérieux invité combien Mademoiselle pouvait être farouche parfois, et butée bien plus souvent qu'à son tour. Combien elle épuisait Sa patience, L'obligeant régulièrement à faire preuve de persuasion et de sévérité pour venir à bout de ses réticences. Combien Il était sincèrement désolé de devoir recourir, pour son bien, aux vertus d'une bonne fessée déculottée, châtiment honteux et infantilisant le plus adapté à son comportement de gamine. Combien Il s'excusait de lui imposer un tel spectacle... Car cependant qu'Il terminait son petit laïus hypocrite, Il la coucha avec autorité sur ses genoux, troussa le jupon de sa robe, emprisonna sa main qui s'accrochait fébrilement à son dernier rempart de coton blanc aussitôt descendu à mi-cuisses pour entamer une valse de claques sonores et rythmées sur son cul frémissant.

La punition dura et dura encore. Lorsqu'Il la menaça de passer la main à leur convive, elle abdiqua enfin.

"Vous prendrez les deux tasses en même temps et servirez notre ami en premier, qu'il puisse constater par lui-même dans quel état d'excitation un tel traitement vous met et juger de la gageure de ma tâche avec une petite dévergondée telle que vous. Vous irez ensuite au coin exposer votre honte et réfléchir aux excuses que vous nous ferez à chacun pour votre comportement inadmissible, lorsque nous aurons terminé."

Nue, les fesses cramoisies, elle servit les deux tasses de café qui tremblaient d'émotion dans leurs soucoupes de porcelaine, sans pouvoir dissimuler sous une main pudique son intimité luisante de mouille à l'homme qui n'en perdit pas une miette.

Le séjour au coin qu'elle avait eu la naïveté de voir comme un refuge ajouta à son humiliation, contrainte d'écouter en silence ces messieurs discourir sur son indécence et évoquer moult petits détails et autres anecdotes embarrassantes sur les sévices qu'elle subissait et sur le plaisir qu'elle y prenait. 

Enfin, dans un sursaut d'orgueil et de dignité, elle présenta des excuses flamboyantes avant d'être autorisée à se retirer dans la chambre où Il la rejoignit sitôt l'étranger parti pour lui présenter ses hommages collatéraux.