jeudi 21 août 2014

Ce grand méchant Vous

                                          Promenons-nous dans l'émoi,
                                          Pendant que le Vous n'y est pas,
                                          Car si le Vous y était,
                                          Sûrement Il nous mangerait.

                                          J'ai peur, j'ai peur du grand méchant Vous,
                                          Ah la vilaine bête que ce Vous,
                                          Mais je ne sais comment j'arriverai à chasser,
                                          Pour toujours ce grand méchant Vous de mes pensées...

Me mangeriez-Vous si Vous y étiez ? Vous que je ne parviens à chasser de mes pensées...

© Maria Krugovaya

Si je Vous disais ces instants volés au néant où, errant seule dans les méandres de mon jardin secret à l'abandon, je retrouve le chemin vers la source de ma rosée intime pour y étancher mon désir survivant sous le joug spectral de mon grand méchant Vous aux aguets. Penchée à la fontaine de mes troubles émois, vulnérable, je me fais proie sacrifiée aux appétits de mon grand méchant Vous qui, bondissant dans mon dos, crochète de sa patte griffue le dernier verrou d'un territoire encore vierge pour y apposer la marque de son empreinte imprimée sur ma chair.


Si je Vous disais combien je suffoque, je gémis au présent quand sonne l'heure des histoires de grand méchant Vous tantôt rédempteur, tantôt corrupteur au gré de mes coupables fantaisies sensuelles. Combien mon corps dénudé et offert s'enflamme et brûle au feu de Vos prunelles qui toujours brillent dans un coin de mon esprit au plus noir de mes nuits blanches, dans l'angle mort de mes fantasmes. 

                                                         Promenons-nous dans l'émoi,
                                                         Pendant que le Vous n'y est pas,
                                                         Car si le Vous y était,
                                                         Sûrement Il nous mangerait...