mardi 16 juillet 2019

Génération whY

Dis, Chérififi, pourquoi tu me fesses ?

Deux lectures récentes sur des blogs qui n'ont d'autre point commun que de se trouver dans la liste de mes favoris, m'ont amenée à me questionner sur un sujet qui, en dépit de mon âge vénérable, continue cycliquement de me tarabuster : punitives ou pas, dis moi quelles fessées je préfère et je saurai enfin quelle vilaine petite perverse je suis. Autrement dit, devrais-je recevoir une fessée parce que j'aime ça ou parce que je le mérite ? Nan mais Allô Docteur quoi !

© Kirk Stiles

J'ai connu les deux, évidemment.
La fessée érotique sans autre motif que l'envie mutuelle, je l'ai pratiquée il y a une vie déjà. Elle s'est naturellement imposée à notre relation sans qu'il eût été besoin d'en débattre. Ce furent des moments uniques, intenses, inaltérables... et tragiquement malheureux, comme les histoires d'Amour chantées par Catherine Ringer accompagnée de son regretté Fred Chichin. Je la définis par ces mots d'une autre qui le fait tellement mieux que moi :

Ces fessées ne sont jamais des punitions ni une quelconque preuve d'abnégation. Il n'y a pas plus de Domination/soumission entre mon fesseur et moi que de Discipline Domestique. Je suis désormais beaucoup trop femme pour être traitée comme une enfant fautive. [...] Ces fessées sont simplement des preuves d'amour, prodiguées avec un immense plaisir d'offrir et reçues avec beaucoup de joie. Et beaucoup de perversité aussi. 
Ana Stendhal. C'est pas l'homme qui prend la femme, c'est la femme qui s'offre à l'homme (7 juillet 2019) sur Le Rouge et le Noir.

Voilà, tout est dit. Une relation dénuée de faux semblants, pour un plaisir simple, assumé, réciproque, ne nécessitant aucune construction intellectuelle.

La fessée punitive, que j'ai entr'aperçue sans la ressentir vraiment comme telle, est pourtant celle qui me vient immédiatement à l'esprit et qui hante depuis toujours mes fantasmes. Même si je n'ai plus l'âge (mais l'ai-je jamais eu ?), même si, en toute conscience, cela devrait heurter mon éducation, mes valeurs, et mon caractère viscéralement indépendant, force est d'avouer que je suis irrémédiablement attirée par cette variation ludico-érotique discrètement marquée D/s, quand bien même j'apprécie assez moyennement ces barbaresques acronymes.

L'idée d'une solide correction me pétrit et m'émulsionne ; c'est si bien inscrit en moi que, régulière passagère du RER, je ne peux m'empêcher d'avoir l’œil qui frise à la lecture de cette mise en garde sur laquelle, parfois, mon regard s'égare et s'appesantit, sourire canaille au coin des lèvres :

alarme

Ne tirer
la poignée
qu'en cas
de danger

Tout abus
sera puni

Puni ?... Promis ?! :-))

Voilà un bon motif, un que je ne saurais, de bonne foi, contester. Mais un motif évidemment totalement exclu. Et c'est bien là où le bât blesse : dans mon jardin secret envahi par les ronces, les bons motifs ne fleurissent guère, quand je m'égratigne un peu trop souvent aux mauvais. Comme pour les tours de magie, il m'est impossible de vraiment goûter au merveilleux si j'en connais les artifices.

Farouchement autonome, je m'interdis de verser dans la discipline domestique, bien trop contraignante. Si cela paraît aux yeux de certain.e.s le moyen d’empourprer un quotidien grisaille, je n'y vois qu'un empiètement intolérable dans mon pré carré que je défends bec et ongles. L'espace de partage avec Chérififi ne saurait outrepasser certaines limites bien définies dans le temps, à l'image d'un intermède ; à lui de trouver, dans cet espace touffu à la signalétique parfois opaque, le chemin qui mène à moi, à lui de me deviner dans le fond et la forme, ce qui n'est pas chose facile, j'en conviens, mais si ardue que soit la tâche, elle n'est pas impossible : sans doute suffit-il de savoir lire ! Quoiqu'il en soit, je me refuse à lui mâcher le travail en lui fournissant moi-même des arguments plus ou moins fabriqués de toutes pièces (mais j’accepte par contre de fournir le martinet pour me faire battre).

Par ailleurs, l'on me sait dramatiquement incapable de faire montre, volontairement ou non, d'impudence, de duperie, d'irrespect, ou même de lubricité... toutes qualités utiles et nécessaires aux vilaines filles. No comment.

Mais alors, mais alors, comment donc mériter ma fessée ?! Angoissante et inextricable question qui appelle une réponse, obligeamment offerte par Cléa sur son blog Aux bêtises de ... Cléa, dans son dernier billet Le brossage du soir (12 juillet 2019) : l’auto dévalorisation et l’auto dénigrement. Ça, ça, c'est vraiment moi ! Et il y a dans ces prétextes qui n'en sont pas une approche réellement bienveillante qui m'autoriserait, je le pressens, à vivre plutôt qu'à jouer l'instant. Ne pouvant nier leur bien fondé ni siffler le hors jeu, je me coulerai sans difficulté dans la peau d'une femme fautive prête à assumer les conséquences de ses mauvaises habitudes mentales. Et puis cela m'économiserait 50€ par semaine de psypsy au lit, ce qui me permettrait enfin de partir en vacances et de vous ficher la paix avec mes blablas verbeux sans queue ni tête !

© Kirk Stiles

Bon et si vraiment au terme de cette lecture édifiante, Chérififi ne trouve aucun motif valable pour me gratifier d'une bonne fessée, en voici un brillant de simplicité et d'une logique implacable, joliment illustré par Kirk Stiles qui souffrit visiblement des mêmes affres en son temps :
© Kirk Stiles

Memento Mori

Doit-on en rire ou en pleurer ? Les deux mon capitaine !


vendredi 12 juillet 2019

Barbecue party

© Gil Elvgren

Il fait beau, il fait chaud... et je suis enfin en vacances !!! Pour trois semaines, de quoi profiter des petits plaisirs de l'été, parmi lesquels : le barbecue. MIAM ! Et une bonne grillade pour Madame Mademoiselle* ! Alors pour moi ce sera cuisson à l'unilatéral, saisie à feu vif et copieusement assaisonnée, merci :-)

 

*(n'en déplaise aux grincheux qui prétendraient que je n'y ai plus droit en raison de mon grand âge, et aux grincheuses qui, féministes dans les mots plus que dans l'âme, jugent cette civilité discriminatoire : et hop, une crotte de nez dans vos faces !)

dimanche 7 juillet 2019

Polysémie

Les belles lettres, les bons mots



Kézako ??? 
En linguistique, la polysémie désigne la propriété d'un signifiant de renvoyer à plusieurs signifiés présentant des traits sémantiques communs
Mouais... Essaie encore une fois !

Pour faire plus simple donc, puisque vous êtes une bande de petits obsédés et que vous ne comprenez qu'un seul langage, prenons un exemple : le verbe transitif  mater.
Le Larousse en donne plusieurs sens, dont certains nous intéressent particulièrement :
- Soumettre quelqu'un à son autorité, le réduire à l'obéissance : Les punitions ont fini par la mater.
- Arrêter le développement d'une action, réprimer : Mater une révolte. 
- Regarder, surveiller : Mate un peu si le professeur arrive.
- Regarder en étant caché, épier.

Si, nonchalamment étendue sur mon lit et confortablement planquée derrière l'écran de mon portable, égrenant les pages des Jolies Petites Punitions de Monsieur Méchant, je m'écris : "Mate-moi un peu le cul !", je recours involontairement à une polysémie susceptible d'engendrer une méprise* chez mon auditeur. Face à cette insoutenable interrogation qui l’étreint au moment de répondre à mon invitation, Chérififi, inventeur de la mauvaise foi, choisira sans surprise de comprendre que je lui demande de me déculotter et de me fesser ! (Et si j'ose protester, Chérififi remarquera à juste titre que ce ne sont pas des façons de parler pour une jeune femme, non mais, et que je ne récolte que ce que je mérite.)

*Le phénomène si typique du langage naturel qu'est la polysémie pose au moins trois problèmes étroitement liés (...) celui du découpage des sens, c'est-à-dire de leur découverte et de leur définition; celui des relations que ces sens entretiennent et celui de la levée des ambiguïtés au plan du discours (R. Martin, Esquisse [infra bbg.], p.125).

samedi 6 juillet 2019

Dresser...

le décor


Assister, immobile et impuissante, muette et incrédule, à la mise en scène de cette toute première fessée qu'Il lui a inlassablement promis lors de leurs échanges virtuels, pour l'avoir tant fait attendre, cette vilaine petite allumeuse ! 

Jour après jour, encore et encore, Il lui en a conté le déroulement par le menu et en a tracé les contours dans le moindre détail, seconde par seconde, corrigeant un geste par ci, ajoutant un ultime raffinement par là, au fil des conversations épistolaires préalables à leur rencontre et au gré de ses réactions à elle, ne figeant le scénario final qu'une fois qu'Il l'a sentie absolument captive de ses mots et, en définitive, de son emprise. Asseyant sa domination feutrée, s'emparant délicatement du pouvoir qu'elle Lui a cédé.

Elle en frémissait derrière son écran, sans trop y croire encore. De plus en plus hypnotisée par les ondes vibratoires qu'Il lui envoyait, comme en transe extatique. 

Mais là, maintenant qu'elle ne peut plus se dérober, maintenant que ses fantasmes prennent corps et vie, qu'elle est au pied du lit où s'entassent les coussins qui bientôt, dans quelques minutes, accueilleront ses hanches nues, son cœur balance entre sidération et urgence du désir...

mardi 2 juillet 2019

Gérontophilie

Ce soir, Mesdames et Messieurs, nous allons essayer d'apprendre un mot. Nous ne le connaissons pas, ni vous, ni moi. Cependant nous allons essayer de l'apprendre ensemble, ce nouveau mot. Mesdames et Messieurs, le mot de ce soir est : gérontophilie.

Définition Wikipédia
nom féminin
(du grec : geron, qui signifie « vieillard » et philie, qui signifie « amour »)
La gérontophilie est une paraphilie (comportement sexuel atypique) de type chronophilie (excitation due à la différence d'âge) dans laquelle un individu est sexuellement attiré par un partenaire sexuel très âgé.
Certaines personnes éprouvent une attirance envers des partenaires beaucoup plus âgés qu'eux. L'aspect rassurant et initiateur de la personne âgée est souvent déterminant. La gérontophilie peut aussi dériver de l'intelligence, de l'expérience, du calme de personnes ayant eu le temps de vivre et se trouvant disponibles, prêtes à écouter les autres. Sont distinguées : l'aphamégamie (attirance pour un homme plus âgé), l'anililagnie ou matrolygnagnie.

Mettons-nous en situation :
Je suis gérontophile : je suis attirée, de manière générale et plus particulièrement dans le contexte des relations fondées autour de la pratique de la fessée, exclusivement par des partenaires (bien) plus âgés que moi. Une espèce d'oiseaux de plus en plus rares à débusquer : vu mon grand âge, rares sont ceux encore vivants !
Mais d'où peut donc bien venir cette attirance ? Mon psy me parle sans surprise de complexe œdipien mal résolu. Ma mère, fin cordon bleu, me dit que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. Et Lui affirme mordicus que c'est parce que j'aime recevoir des coups de canne au cul ! Mais je le soupçonne d'être de parti pris...
 

mercredi 26 juin 2019

Canicule-moi









Billet de fainéante mais... il fait trop chaud pour travailler !

mercredi 31 octobre 2018

Salon du chocolat

Il se tient depuis aujourd'hui et jusqu'au 4 novembre à Paris (il faut le dire vite). Si l'on y trouve le cacao sous toutes ses formes et dans tous ses états, en ganaches, pralinés, truffes, bonbons, pâtes à tartiner, poudres, tablettes, pâtisseries, robes, maisons etc, je ne suis pas sûre qu'un atelier ou une masterclass soit dédiée à la fessée chocolatée, pourtant gourmande et bien dans le thème.


Que tout le monde soit rassuré, il y aura tout de même un large choix de délicieuses gâteries chocolatées, avec des madeleines pour les uns...


et des sucettes pour les unes.


Bonne dégustation à tous !

Spank or Treat

Freaky Halloween !

Halloween Pumpkin - Spank or Treat Thong
by Chaste_Moon_Designs
La greffe n'a pas pris, Halloween se meurt en France. Comme disait le désopilant Jacques Chirac, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre, si vous me permettez cette familiarité. Cependant, tout en étant plutôt hostile à la logique commerciale qui a prévalu dans cette tentative heureusement avortée d'importation d'une tradition américaine, j'avoue éprouver une certaine inclinaison pour cette fête qui fait la part belle aux sorcières... et aux gourmandes !
Et si je n'ai officiellement plus l'âge de partir à la chasse aux friandises chez mes voisins à grands renforts de «Trick or treat», je caresse l'idée d'aller quêter une fessée, déguisée en vilaine exhibitionniste qui montre son string, infamie vestimentaire méritant à elle seule d'être récompensée comme il se doit. Et puis n'est-ce pas la seule façon logique de célébrer toute fessetivité ?


22.One to Grow On, Tricks & Treats Vol.1 (2007)
by Steve Fastner & Rich Larson

23.Too Much Candy, Tricks & Treats Vol.2 (2008)
by Steve Fastner & Rich Larson

mardi 30 octobre 2018

Fable

 La Souminatrice et le Loup

La mine aussi grise que le ciel, je rentre du travail mécontente de ma journée. Mécontente de moi seule, et c'est bien là que le bât blesse. Je n'ai pas eu les bons gestes, la bonne attitude, les bonnes réactions. J'ai manqué de discernement, de ressort, de courage, de professionnalisme. Dans mon tribunal interne, après avoir entendu la litanie des critiques et reproches amplement mérités du fait de ce comportement méprisable qui, d'une auto-évaluation négative, ne mène à rien d'autre qu'à m’apitoyer sur moi-même, j'ai prononcé, la tête basse, le jugement qui scelle mon incompétence à mon poste et mon incapacité à faire face et à redresser le tir. 

Je suis partagée entre colère, dégoût et désespoir, avec cette impression de subir sans y rien pouvoir, d'avoir définitivement perdu le contrôle et la rigueur qui me caractérisaient autrefois. Cela me broie dans une tension insoutenable et me noie dans la déprime. Sur le chemin qui me ramène chez moi, je suis envahie par ces pensées délétères qui, sans que je m'en aperçoive, dérivent insidieusement vers cette pénitence expiatoire à laquelle j'aspire à présent : une bonne fessée. Une qui fait mal.

Oui, c'est exactement ce que je mérite. Non, ce dont j'ai besoin, puissé-je au moins être honnête avec moi si je ne peux me prévaloir d'aucune autre qualité ! S'Il était là à m'attendre à mon retour, ou si je le savais à portée de téléphone, je me montrerais sans doute caprichieuse. Insupportablement morose, faussement taciturne, sottement provocatrice et intentionnellement querelleuse. Tout pourvu que j'obtienne, de la pire des manières, ce que je cherche sans oser l'avouer simplement ni le demander.

Le Loup a l'ouïe fine autant que le flair. Son oreille exercée percevrait aussitôt les modulations hypocrites de mes stridulations et croassements d'oiseau de malheur et devinerait l'objectif de cette manœuvre un peu trop grossière. Il me prendrait à mon propre jeu, refusant avec flegme de céder à cette machination de souminatrice, dénouant un à un les fils de ma toile pour mieux révéler au grand jour et neutraliser le piège qui le voulait manipuler, me laissant penaude et frustrée. 

Dans sa magnanimité et sa bienveillance, Il se montrerait favorable à accéder à ma requête, pourvu qu'elle soit confessée en toutes sincérité et vérité, dans les termes et la forme adéquats, me contraignant ainsi à quémander en prononçant ces mots qui m'écorchent les lèvres et égratignent ma fierté, se délectant de ma langue embarrassée : " S'Il Vous plaît, Monsieur, de me fustiger de telle sorte que douleur et plaisir finissent par apaiser l'orage que je traverse et dont je sortirai, grâce à Vous, mouillée et lavée de ce pessimisme qui me prive d'horizons plus heureux. " 

Il opterait probablement pour un instrument, distant, sévère. Canne ou martinet. Tawse ? Bien sûr, Il ne manquerait pas d'ajouter un petit supplément de peine en dédommagement de la tentative de duperie, suffisamment pour effacer le préjudice d'avoir été traité en objet et non en sujet. Et je subirais l'épreuve sans autre entrave ni lien que ceux qui m'engagent à recevoir ce que j'ai moi-même provoqué, buvant le calice jusqu'à la lie.


Au lieu de quoi, j'ai rongé mon frein en écrivant ce billet et en buvant ma tasse de soupe déshydratée jusqu'aux grumeaux du fond. Y'a vraiment ni justice ni morale dans cette triste histoire !